Le monde n’a pas encore dévoilé toutes ses richesses. De nombreux espaces, constituant des réserves de biodiversité uniques, restent vierges de tout chantier humain. Face à l’épuisement des ressources naturelles, l’Homme repousse ses limites et accède à des endroits de plus en plus reculés du globe terrestre. Ces « terres rares » pourraient être son passeport de vie pour les siècles à venir. Pendant une semaine, Le Journal International vous propose un passage en revue. La chasse aux trésors ne fait que commencer…

L‘intégralité des fonds marins n’a pas été découverte par l’Homme. Cent mille lieux sous la Terre se cache un vivier considérable de ressources : des organismes vivants pour la pèche et l’élevage, des énergies marines dues aux marées et courants, diverses ressources minières comme le nickel et le cuivre, ainsi que des hydrocarbures tels que le pétrole et le gaz.

Les fonds de l'Océan Pacifique. Crédit Valérie Hukalo.

Les fonds de l’Océan Pacifique. Crédit Valérie Hukalo.

L’Océan Pacifique renferme notamment des mines d’or et de cuivre qui allèchent les compagnies minières. L’augmentation de la demande mondiale en métaux ne fait qu’encourager l’exploration et l’exploitation. L’entreprise canadienne Nautilus Minerals a entrepris un grand chantier minier dans les profondeurs de la Mer de Bismark : le projet « Solwara 1 ». La Papouasie-Nouvelle-Guinée a quant à elle négocié un permis de vingt ans pour parcourir ses fonds marins et mener cette opération commerciale minière sous-marine inédite.

Si le projet requiert des millions d’investissement, la rentabilité est assurée par le cuivre (80 à 100 000 tonnes) et les onces d’or (200 000 environ) qui s’y trouveraient. L’opération a été vivement critiquée. Les populations locales n’en auraient pas tiré les bénéfices attendus. Les risques environnementaux, eux, ne semblent pas avoir été réellement étudiés. La connaissance de cet écosystème tout juste découvert et de ses espèces n’a apparemment pas été la priorité de ces « chercheurs d’or ». La compagnie Nautilus Minerals dispose de plus de 500 000 kilomètres de fonds marins sous licence d’exploitation, notamment en Nouvelle-Zélande et aux Iles Fidji.

95 % de l’océan inexploré

De nombreuses ressources minérales habitent les profondeurs abyssales, comme les monts hydrothermaux. Ces cheminées émettent dans les eaux froides et profondes des fluides chauds chargés de minéraux ou de métaux dissous, comme l’hydrogène, le fer et le zinc. Ces phénomènes naturels permettent le développement d’espèces animales et d’un écosystème unique. Leur souffle constitue aussi de potentielles ressources énergétiques importantes car il pourrait générer de l’électricité. Cela attire les compagnies d’extraction sous-marines. Les États se disputent la part du gâteau, sans réellement tenir compte des conséquences environnementales néfastes que peut engendrer l’extraction.

Les nodules polymétalliques des plaines océaniques abyssales et les encroûtements que l’on trouve dans les reliefs sous-marins et auprès des volcans immergés font également partie des ressources des fonds océaniques. Tous deux possèdent de l’oxyde de fer et du manganèse et ont donc une grande valeur économique. L’Océan Pacifique recèle de métaux aux propriétés électromagnétiques, recherchées pour fabriquer des technologies de pointe. Mais leur extraction est particulièrement difficile.

Mers et océans suscitent par ailleurs des attentes pharmaceutiques et médicamenteuses. Les micro-algues, parfois appelées « or vert », se comptent par milliard. Elles font l’objet de nombreuses recherches dans les laboratoires. Ces algues pourraient peut-être nous nourrir, nous soigner et même produire du carburant. Mais les États ne fournissent pas toujours le soutien nécessaire.

Le défaut de connaissance en science marine représente un défi. 95 % de ces immensités bleues sont encore vierges de toute présence humaine. L’inaccessibilité des profondeurs les rend difficiles à exploiter. La recherche scientifique est limitée et les risques imprévisibles. Le potentiel est pourtant immense. La mer est-elle l’avenir de l’Homme ?

Jusqu’au bout du monde…

Tant de territoires nous sont encore inconnus et constituent des réservoirs de richesses insoupçonnées. La Bolivie et son « or blanc », le lithium, apparaît comme un nouvel enjeu énergétique. Les sables bitumineux sont en train de faire du Canada un poids lourd dans la production de pétrole. Mais la course aux ressources n’est pas que terrestre, la conquête spatiale serait en train de devenir le nouvel eldorado.

À venir dans ce dossier…

Partie 2/5 : « Antarctique, Arctique… par delà les glaciers »

Partie 3/5 : « Au cœur de la forêt vierge »

Partie 4/5 : « Les mondes perdus du continent africain »

Partie 5/5 : « Les paradis sous roche de l’Asie »

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