Image d'illustration. Crédit Hernán Piñera.

Argentine : la lutte des enseignants prend un second souffle

Depuis le 6 mars, les enseignants argentins sont en grève pour défendre leurs conditions de travail face au gouvernement Macri. « Tant qu’il y a des maîtres debout, il n’y aura pas de peuples à genoux » est un slogan du mouvement, qui réclame l’ouverture des paritarias nationales. Le Journal International a rencontré Delfina Daverio et Kalen Ortiz, représentants du centre étudiant de l’école de musique populaire d’Avellaneda.

C’est sous le gouvernement Kirchner en 2006 que la loi sur les paritarias est votée. Elle oblige l’État en tant qu’employeur et les syndicats enseignants à se rencontrer en début d’année scolaire pour négocier la revalorisation du salaire de ces derniers et leurs conditions générales de travail. Les négociations salariales se basent sur l’indice de l’inflation de l’année précédente comme « rattrapage » du salaire. Cette année, le gouvernement de Mauricio Macri refuse de participer aux négociations. Il se justifie en prônant l’austérité.

Une proposition insuffisante

Après plusieurs jours de grève, le gouvernement a proposé une revalorisation des salaires de 17 %. Celle-ci était basée sur les prévisions d’inflation pour 2017. Refus catégorique des enseignants. Cela ne correspond pas à un « rattrapage » des 40 % d’inflation subis l’année précédente, pour lequel ils demandent 35 %. Ils soulignent la difficulté d’émettre des prévisions valables dans un pays où l’inflation n’a pas su être contrôlée depuis 2001.

Les salaires des enseignants, notamment en primaire et en secondaire, sont à peine plus élevés que le salaire minimum. « Une maitresse peut travailler sur deux postes mais son salaire horaire devient alors dégressif, s’indigne Delfina Daverio, ce n’est pas un travail valorisé ! ». D’autres part, le gouvernement tente d’enrayer le mouvement. Il a proposé une prime de 1000 pesos pour les briseurs de grève mais aussi mené des actions répressives.

« Il y a peu de chance que cela aboutisse cette année »

Le 6 avril, jour de grève national, la juge Dora Temis a intimé au gouvernement de respecter la loi en organisant des paritarias dans les 5 jours. Le gouvernement ayant fait appel de la décision, un bras de fer juridique s’est enclenché. « Il y a peu de chance que cela aboutisse cette année, souligne Kalen Ortiz, mais nous avons décidé de lutter autrement ». Les syndicats, après consultations des grévistes, ont décidé de lever la grève continue. Elle se poursuit avec un système rotatif hebdomadaire d’une journée depuis ce mardi 18 avril.

Une école itinérante a été mise en place la semaine précédente. Son but est d’informer la population sur le droit du travail. Des activités de sensibilisation vont être maintenues dans les universités. La devise « Les maîtres qui luttent, enseignent aussi » vue sur de nombreuses banderoles semble donc toujours bien d’actualité.

 

Photo de bannière : image d’illustration. Crédit Hernán Piñera.

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