« Avec un sourire, la Révolution » : documentaire sur les indépendantistes catalans

Article écrit dans le cadre de l’édition 2019 du festival Ojoloco, à Grenoble. 

« Nous voterons la démocratie », « Vive l’indépendance », « Voter n’est pas un crime »… Ces slogans ont retenti dans la capitale catalane lors du soulèvement populaire d’octobre 2017. L’organisation d’un référendum d’autodétermination, jugé illégal par le gouvernement espagnol, catalyse, en 2019, la crise catalane. À l’heure où les procès des prisonniers politiques s’ouvrent, retour en perspective sur l’avant référendum avec le réalisateur Alexandre Chartrand et son film testimonial, Avec un sourire la Révolution.

« Voter n’est pas un délit »

Deux ans après son premier documentaire, Le peuple interdit, Alexandre Chartrand, jeune peintre, photographe et réalisateur québécois revient sur le sol catalan pour suivre le bouillonnement du référendum d’octobre 2017. Avec son œil aguerri, il s’immisce au plus près des bouleversements politiques. Entre assemblées, meetings et mobilisations, le jeune homme s’attache à défendre la cause indépendantiste en mettant à l’honneur les femmes et les hommes qui ont lutté pour leur droit de vote et combattu un système anti-démocratique oppressif. Un tsunami démocratique imprègne tout le film.

« Si on ne gagne pas c’est un retour à la dictature »

Avec un Sourire la Révolution bouscule les consciences et réveille l’opinion publique pour que la situation ne tombe pas dans l’oubli et le déni. Des parallèles incessants avec la dictature franquiste sont brossés. Les commentaires de Mariano Rajoy se superposent par moment à la comparaison. L’ancien chef du gouvernement n’est pas vraiment favorable à l’indépendance. Tout cela rappelle au spectateur que le point de bascule n’est jamais loin, malgré la ferveur populaire des rues de Barcelone.

Derrière la caméra, mais aussi devant, Alexandre Chartrand témoigne au même titre que les autres et assume pleinement son engagement aux côtés des indépendantistes. Il croit en l’action citoyenne et à la force de mobilisation. Il accuse les dérives autoritaires d’un pouvoir démocratique.

« Un film dédié aux exilés et aux prisonniers politiques catalans »

Depuis le tournage, les choses ont bien changé en Catalogne, et c’est d’ailleurs ce que déplore Alexandre Chartrand : « Je suis très attentif à ce qui se déroule actuellement en Catalogne, avec l’ouverture des procès contre les leaders indépendantistes à Madrid. J’ai bien peur que le processus judiciaire qu’ils subissent ne soit biaisé et je crains qu’ils écopent tous de lourdes peines. »

Il concède avec regret et à contrecœur qu’après deux films sur le sujet, il caresse l’idée de compléter la trilogie catalane. Bien conscient des pressions exercées par l’opinion publique et le gouvernement espagnol, l’essentiel est pour lui de ne pas perdre le désir de démocratie qui habite une grande majorité des catalans.

Photo de bannière. Image tirée du film.

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