Brésil : le mythe Bolsonaro sur la sellette

Début décembre, le fils du président brésilien Jair Bolsonaro est accusé de malversations financières à hauteur de plus d’un million de réaux, la monnaie du pays. C’est un coup dur pour celui dont la promesse de campagne était de « combattre la corruption avec toutes les armes du gouvernement ».

La famille Bolsonaro est à nouveau au cœur d’un scandale. Le Conseil de Contrôle des Activités Financières (COAF) a révélé des mouvements suspects entre les comptes bancaires de Flávio Bolsonaro, fils du président et futur sénateur fédéral et le compte de Fabricio José de Queiroz, son assistant personnel et chauffeur. En effet, entre 2016 et 2017, un montant total de 1,2 million de réaux ($R), environ 287 000 euros, aurait transité sur le compte de Queiroz, une somme jugée incompatible avec ses revenus.

Des transactions financières suspectes

Le Conseil de Contrôle des activités financières (COAF) a découvert 48 dépôts d’espèces d’une valeur de $R2 000 sur le compte bancaire de Flávio Bolsonaro, soit une valeur totale de $R96 000, environ 23 000€. Ces dépôts, effectués auprès d’une borne électronique, ont déjoué les contrôles qui sont obligatoires pour tout dépôt supérieur à $R10 000. Le député fédéral se défend. Cet argent proviendrait d’une vente d’un bien immobilier. La multiplication des dépôts, quant à elle, serait une conséquence des faibles sommes acceptées par les bornes.

Le COAF a également détecté des versements suspects sur le compte de Fabricio Queiroz, l’ancien assistant personnel, chauffeur et garde du corps de Flávio Bolsonaro. Ce sont cette fois 38 versements et un total de 1,2 million de réaux. L’ex-chauffeur du député et sa famille ont été convoqués par le ministère Publique de Rio de Janeiro. Cependant, à ce jour, la famille Queiroz n’a pas pu comparaître car elle l’accompagne dans son traitement pour un cancer à l’hôpital de São Paulo. Il se justifie tout de même et confie à la chaîne de télévision SBT : « Je suis un homme d’affaires. Je fais de l’argent, j’achète des voitures, je les revends. »

Bolsomito, le « mythe » Bolsonaro sur la sellette

Militaire de carrière, Jair Bolsonaro devient député en 1990. Il change sept fois de parti politique et c’est finalement sous l’étiquette du parti social-libéral qu’il s’engage dans la course pour la présidence du pays. Il devient le favori des élections de 2018 lorsque son principal opposant, l’ancien président socialiste Luiz Inácio Lula da Silva, est emprisonné. Sa campagne, fondée sur une lutte contre l’insécurité et la corruption, est un succès auprès des Brésiliens et Bolsonaro est élu avec 55.13% des suffrages.

Si les fervents supporteurs de celui qu’on surnomme le « Trump des Tropiques » conservent une foi inébranlable en leur président, sa droiture est remise en question par ses opposants. Le président, connu pour ses propos homophobes, racistes et misogynes n’a pas convaincu le public au Forum de Davos et la catastrophe de Brumadinho ajoute une nouvelle ombre au tableau. Un mois après son investiture, le bilan est mitigé mais le président rassure : « Si une erreur a été commise, soit par moi, mon fils ou [son assistant] Queiroz, nous paierons pour cette erreur, parce que nous ne pouvons pas montrer la moindre connivence avec quelque erreur que ce soit », a-t-il déclaré en direct sur Facebook.

Photo de bannière. Crédit : Jeso Carneiro

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