Brexit : quid des travailleurs britanniques en Europe ?

Parmi les problèmes les plus actuels qui occupent la discussion sur le Brexit, il y a la question des Britanniques qui travaillent dans l’Union européenne.

À l’approche de la date d’échéance du Brexit se matérialise de plus en plus la possibilité d’un « hard Brexit », une sortie sans accord. Le Royaume-Uni  (UK) et l’Union européenne (UE) ne semblent pas trouver de compromis à court-terme. Une sortie sans accord signifierait pour l’Angleterre un dur et long travail : elle devrait établir des traités sur presque tous les sujets avec chaque État de l’Union, et avec l’UE elle-même.

En prévision d’un hard Brexit

Avec un hard Brexit, tous les Britanniques sur le sol européen deviendraient extracommunautaires. Pour faire face aux désordres que cette situation causerait, chaque pays européen répond à sa manière. Par exemple, en France, selon un communiqué du ministère de l’Intérieur :

«il sera nécessaire de présenter une demande de titre de séjour après la date de retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne. Les ressortissants britanniques résidant régulièrement en France avant la date de retrait du Royaume-Uni bénéficieront d’un délai d’un an, à partir de la date de ce retrait, pour obtenir un titre selon des modalités simplifiées. La demande de titre devra être déposée sous un délai qui sera précisé par décret. Durant cette période, leurs droits en matière de séjour, d’activité professionnelle ainsi que l’intégralité de leurs droits sociaux seront maintenus.»

Les préoccupations des travailleurs

Comme on peut imaginer, les plus concernés par le futur du Royaume-Uni sont les travailleurs qui opèrent à l’étranger. Serena, ingénieure software salariée par Babbel, et qui travaille à Berlin, s’exprime ainsi à propos de la question:

« Je suis profondément triste et déçue que le Royaume-Uni sorte de l’Union européenne, parce qu’au fond, je me sens à la fois britannique et européenne. Ce que j’apprécie particulièrement, c’est le fait de pouvoir vivre, voyager et travailler librement dans n’importe quel pays de l’Union européenne. [] Même si tout n’est pas parfait, à mes yeux l’Union européenne représente la liberté, la tolérance et la paix. Je crois sincèrement au projet européen et je trouve vraiment dommage pour les prochaines générations du Royaume-Uni qu’elles n’aient plus l’occasion d’en faire partie de la même manière. [] Cela dit, précise-t-elle, jusqu’ici j’ai été très satisfaite du soutien apporté par l’équipe des Ressources humaines.»

La situation de Babbel

Babbel est une entreprise dont le siège est à Berlin. Elle propose un système d’apprentissage de langues étrangères via un site web et une application, et qui emploie plus de 700 personnes de cinquante nationalités. « Cela signifie, explique Anna, Manager des Ressources humaines, que nous gérons beaucoup de situations et de problèmes relatifs aux Visas du monde entier. [] Les britanniques représentent la deuxième nationalité étrangère la plus présente chez Babbel (après les Américains). Et la première nationalité dans nos bureaux à Berlin, si on exclue les allemands. »

Comment l’entreprise Babbel va-t-elle soutenir ses employés britanniques? « Nous avons contacté tous nos employés britanniques pour leur fournir les informations du bureau d’immigration. Nous leur avons aussi demandé de remplir le formulaire en ligne pour s’enregistrer à Berlin en tant que citoyen britannique. [] Nous sommes en contact avec le bureau d’immigration pour être au courant de tout changement et information sur les rendez-vous que les Babbeloniens auront pour recevoir leurs Visas. Les rendez-vous commençant à être donnés, nous aidons les Babbeloniens à rassembler tous les documents nécessaires au cas par cas.» Les entreprises s’adaptent plus ou moins facilement face à cette situation inédite et changeante.

Interviews complètes des employés de Babbel en cliquant ici

Photo de bannière. Crédit : Stefan Schweihofe

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