La course à pied à la cote

Alors que L’UTMB -l’Ultra Trail du Mont Blanc- vient de s’achever, la course à pied rassemble de plus en plus d’adepte en France et dans le monde. Facile d’accès -pas besoin de licence pour s’inscrire à une course-, praticable -presque- partout, le succès de la course à pied ne se dément pas. Un intérêt que les organisateurs de semis et marathons, équipementiers sportifs ont bien compris. Faisant par là même du « running » un nouveau business.

65 % de hausse des licenciés running en France

Si l’athlétisme français se porte de mieux en mieux depuis 2013 et « l’effet Zurich », selon les mots de la FFA -Fédération Française d’Athlétisme-, elle le doit en grande partie au « boom » des licenciés « athlé-running ». Selon un rapport de la FFA, leur nombre était de 58 000 en 2016 à quoi il faut ajouter 50 000 licenciés qui pratiquent la course hors stade avec une licence de compétition. Les « runners » représentent plus du tiers du nombre de licenciés FFA, avec un nombre estimé à 307 000.

La Course à pied : un nouveau business

Face à cette hausse exponentielle le nombre de compétitions ne cesse d’augmenter. Rien qu’à Paris ce sont plus d’une dizaines de courses qui sont organisées au cours de l’année dont le Paris Versailles, le 20 kilomètres de Paris mais encore le marathon sont les épreuves qui attirent le plus de nombres. Fort de ce succès, certains organisateurs n’hésitent pas à pratiquer des tarifs largement éloignés du sport populaire qu’est censé représenter la course à pied : 57 euros pour les 10 kilomètres de  Dysneyland Paris, entre 50 et 62 euros pour le semi marathon de Paris et 100 euros pour le marathon.

 « Je trouve ces prix largement trop chers et pas justifiés du tout » affirme Stéphane, membre du groupe Facebook « Marathon addict running & trail » ajoutant « j’ai moi même couru le marathon de Paris deux fois et quand j’ai vu l’augmentation du prix du dossard de cette année je savais qu’il n’y aurait pas de troisième fois. »

Une gentrification de la course à pied ?

Malgré ces tarifs, à première vu prohibitifs, le nombre de participants à des semis et marathons dans les capitales et métropoles ne cesse d’augmenter. Les organisateurs des ces courses jouent sur le prestige de la ville Paris joue sur le prestige de la ville et/ou l’orra de la course, comme à New-York. La course en ville attire un public urbain, le plus souvent aisé, dont la course à pied se pratique de façon occasionnelle. Des runners présents non pas pour « faire un chrono » mais en quête de défis, dont l’objectif premier est de terminer la course. Mais aussi, comme Nathalie, inscrite au 10 kilomètres de Disney, « de passer un bon moment entre amis » et peu importe qu’il lui a fallu débourser 57 euros, soit presque 6 euros du kilomètres.

Comment les organisateurs justifient de tels tarifs ? Si l’organisation d’un tel événement requièrent beaucoup de personnels, ils sont avant toutes choses, bénévoles, par conséquent non rémunérés. Sollicité par le Journal International, l’organisation du Schneider Electric marathon de Paris n’a pas voulu répondre aux questions du JI. Il serait pourtant intéressant de savoir où va l’argent des participants, à quoi et à qui sert-il ?

La communauté s’organise

Face à de tels tarifs, des groupes de coureurs se créent sur les réseaux sociaux. C’est le cas du groupe Facebook « un dossard pour un départ », qui permet de récupérer le dossard d’une personne ne pouvant plus participer à une course, et ce, souvent à un bon prix.

Aussi, toutes les disciplines ne sont pas concernées de la même façon la hausse des prix. Le trail échappe -pour le moment- à la hausse exponentielle des tarifs. Pour une raison évidente : Souvent en montagne ou à la campagne, dans des chemins pittoresques, il est -quasiment- impossible de faire courir des dizaines de milliers de personnes.

Dès lors, les grands groupes -banques, assurances, multinationales- n’y trouvent pas d’intérêts financiers. Du moins, pour le moment…

 

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