Crédit Marine Mulcey

COY11 : les jeunes et l’environnement

Du 26 au 28 novembre se déroulait la COY11 (Conference of Youth) à Paris, permettant aux jeunes de se réunir avant la COP21 (Conference of Parties) organisée par l’ONU, qui a démarré ce dimanche 29 novembre dans la même ville. La COY a vu plus de 3 000 participants défiler chaque jour dans le Parc des expositions de Villepinte, dont plus de 5 000 personnes différentes, et environ 170 bénévoles. Des jeunes du monde entier sont venus participer à la COY et prendre part aux débats. La COY s’est bien évidemment clôturée en fête, lors d’un concert organisé au Trabendo (19ème arrondissement) le 28 novembre. Compte rendu d’un événement surprenant.

La cérémonie d’ouverture de la COY a commencé par les discours d’Ahmad Alhendawi, envoyé spécial du secrétariat général des Nations unies pour la jeunesse, Patrick Kanner, ministre de la ville, de la jeunesse et des sports, et Xiuhtezcatl Martinez, jeune directeur de l’association Earth Guardians, réaffirmant leur soutien à la COY11. Les maîtres-mots étaient « mobiliser la jeunesse », compte tenu du nombre de participants et du nombre de pays représentés par ces derniers : on peut donc considérer que la COY11 a bel et bien réussi à mobiliser la jeunesse autour de l’environnement. La COY a mêlé conférences, débats, et stands en tout genre tout au long du week-end qui ont permis aux jeunes de s’exprimer sur le sujet, voire émettre des propositions pour la COP21.

UN ÉVÉNEMENT CONNECTÉ

Différentes COY se sont tenues simultanément à Paris, Montréal, Nouméa, Florianopolis, Rabat, Abomey Calavi, Tokyo et Antananarivo, le but étant de permettre à un maximum de jeunes de participer à l’événement et de limiter l’impact environnemental de la COY elle-même, en évitant de pousser les participants à prendre l’avion pour se rendre à Paris. Jeudi, toutes les COY se sont connectées lors d’une visioconférence pour laisser les participants des quatre coins du monde débattre ensemble sur les questions de l’environnement. Malheureusement, un problème de connexion avec Paris a empêché le bon déroulé de cet échange. Mais l’initiative est à l’image même de cette COY11, moderne et désireuse de mobiliser les jeunes sur l’environnement, et notamment le dérèglement climatique, thème majeur de cette COP21.

ENTRETIEN AVEC CORINNE LEPAGE

Une conférence a particulièrement intéressé le Journal International : il s’agit de la conférence sur la Déclaration universelle des droits de l’humanité qui s’est tenue le jeudi 26 novembre, durant laquelle était notamment présente Corinne Lepage, avocate et ancienne ministre de l’Environnement. La Déclaration universelle avait été demandée par le président Hollande et faisait partie de ses vœux pour 2015. Elle a ainsi été présentée au président juste avant la COP21, mais n’y sera pas discutée, et ne sera présentée devant l’ONU qu’au cours de l’année 2016. Corinne Lepage nous a accordé un rapide entretien et expliqué les enjeux de la Déclaration.

Crédit Marine Mulcey

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En quoi la Déclaration universelle des droits de l’humanité se différencie-t-elle de la Déclaration des Droits de l’Homme ?

La Déclaration des droits et des devoirs de l’humanité se différencie d’abord par un chapitre sur les devoirs et deuxièmement par une vision qui est collective et non pas individuelle des droits et des devoirs.

On observe beaucoup de manquements à la Déclaration des droits de l’Homme, récemment le président Hollande a même déclaré que la France risquait de déroger à la Convention européenne des droits de l’Homme dans le cadre de la lutte contre DAESH, pensez-vous que la Déclaration universelle des droits de l’humanité pourra être respectée si déjà la Déclaration des droits de l’Homme a du mal à être respectée ?

Une Déclaration n’est pas une convention. Elle n’est pas contraignante, celle-là pas plus qu’une autre. Il faut être réaliste, en l’état du droit international, quand vous regardez la manière dont au cours de l’Histoire des cinquante dernières années, la Déclaration des droits de l’Homme a servi à des tas de personnes qui étaient persécutées et qui étaient emprisonnées, dont les droits étaient violés, de se défendre, c’est quand même un rôle important.

Et donc juridiquement, quel serait le rôle de la Déclaration universelle ?

Comme la Déclaration des droits de l’Homme, elle peut être invoquée devant les tribunaux, mais elle n’est pas contraignante. Mais cela peut devenir une coutume internationale.

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