Devenir assistant de langue : une première expérience professionnelle à l’étranger

Alors qu’Erasmus est le plus gros programme de mobilité étudiante en Europe, certains font le choix d’un programme moins connu : l’assistanat. Chaque année plusieurs milliers de jeunes étudiants sont envoyés à travers le monde afin d’enseigner leur langue maternelle dans un pays étranger en tant qu’assistant de langue. Entretien.

L’assistanat est un programme qui offre aux étudiants de l’enseignement supérieur une expérience professionnelle rémunérée à l’étranger. Les assistants de langue travaillent dans des écoles primaires, collèges, lycées ou encore à l’université en collaboration avec des professeurs de langue.

Ce programme permet d’exercer une activité rémunérée sous forme de bourse, tout en laissant une grande partie du temps libre à consacrer à l’université ou à la découverte du pays d’accueil. Le temps de travail d’un assistant varie selon les pays mais il est généralement inférieur à 20 heures par semaine.

Les organismes de recrutement des assistants sont différents selon les pays d’origine. En France c’est le CIEP, centre international d’études pédagogiques, qui dépend du ministère de l’éducation nationale et de la jeunesse, qui organise le recrutement des assistants de français et l’accueil des assistants étrangers. En Allemagne c’est le KMK, Kultusminister Konferenz Pädagogischer Austauschdienst (service d’échange éducatif du ministère de l’Éducation et des Affaires culturelles), en Grande Bretagne c’est British Council. Pour certains pays c’est directement l’ambassade du pays de mobilité souhaité qui organise ce programme.

« Je fais une pause dans mes études pour me recentrer sur ce que je souhaite.»

Rencontre avec Joy’ assistante de français en Allemagne. Elle nous raconte pourquoi elle a choisi l’assistanat pour partir à l’étranger :

« Après mon Erasmus, je souhaitais retourner en Allemagne. J’ai saisi l’opportunité de travailler, de gagner de l’argent, de pratiquer et d’améliorer mon allemand par la même occasion. »

Alors que certains poursuivent leurs études à distance pendant leur année d’assistanat, d’autres comme Joy’ font le choix de l’année de césure afin de prendre le temps de réfléchir à l’avenir. Il est important de trouver rapidement sa place. De se familiariser avec les lieux et les collègues de travail.

« Ici c’était grand, lumineux, il y avait de la place pour circuler, des plantes à tous les étages et des verrières qui donnent sur l’atelier jardinage de l’école. C’est beau et on s’y sent comme à la maison. Avant la rentrée, nous avons (avec l’équipe de prof de français) passé un après-midi ensemble pour que je les rencontre tous. Maintenant, c’est un peu comme ma famille allemande! »

La vie d’assistant n’est cependant pas toute rose. Il arrive d’être confronté à un manque de communication et de considération de la part de ses collègues. « Malheureusement, certains profs “t’oublient”. La semaine dernière je devais travailler à 10h. Je me lève, me prépare. J’arrive à l’école. Ma collègue n’est pas là. Est-elle malade ? Non. Les élèves n’étaient pas là cette semaine et personne ne m’avait prévenu… ».

Les assistants travaillent étroitement avec les professeurs de langue et n’assure pas le cours tout seul. Aussi il faut apprendre à travailler à deux, à supporter les professeurs qui ne sont pas toujours ravis d’avoir un assistant dans les pattes, et ceux qui n’apprécient pas que quelqu’un s’immisce dans leur travail : « Suite à mon Erasmus, je souhaitais repartir en Allemagne pour pouvoir commencer ma vie là-bas. »

Être assistant donne l’occasion de vivre pleinement dans un pays étranger. De travailler selon les usages et de rencontrer des gens du pays, à commencer par ses collègues. L’approche est vraiment différente de la mobilité avec Erasmus qui cantonne parfois les étudiants à l’université. C’est pour certains un moyen de commencer leur vie à l’étranger. Il assure pendant un an ou deux un travail et un revenu régulier qui permet de s’installer et de chercher un travail pour les uns et de commencer ses études dans le pays d’accueil pour les autres.

Mais l’assistanat, c’est avant tout une expérience de partage de sa langue et de sa culture avec les élèves. « Quand je me balade dans les couloirs, les élèves me regardent avec un grand sourire et me disent : “Hey Joy’, tu viens dans notre classe aujourd’hui?” les yeux pleins d’espoirs et d’envie. Ce qui me rend le plus heureuse et qui me conforte dans l’idée de faire une seconde année d’assistanat ce sont ces jours où j’arrive dans la classe, que je leur dis “Bonjour” et qu’ils crient tous mon prénom ! »

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