(Français) L'affaire SENAME ou le cauchemar des mineurs placés sous le contrôle de l'Etat Chilien

L’affaire SENAME ou le cauchemard des mineurs placés sous le contrôle de l’Etat Chilien

Le service national des mineurs (SENAME) est une institution étatique, créée en 1979, en charge de la protection des enfants et des adolescents vulnérables et des jeunes entre 14 et 18 ans en conflit avec la Loi placés sous contrôle du système judiciaire. Il s’occupe aussi de contrôler le processus d’adoption au Chili.
Depuis une enquête sur le fonctionnement du SENAME, financée en partie par le fond des Nations Unis pour l’enfance (UNICEF), les regards sont braqués sur ce qui se passe au sein des murs de l’institution. Si ce qu’on appel désormais le “cas SENAME” retient autant l’attention de l’Organisation des Nations Unis (ONU), de la société civil et diverses organisations non-gouvernementales (ONG) les droits de l’enfance c’est parce que le rapport réalisé suite à l’enquête est sans appel : les abus sexuels, la violence et la maltraitance y sont monnaie-courante, sans parler d’autres défaillances comme les cas de descolarisations, l’usage de drogues et les sorties nocturnes des mineurs1.
Cependant, ce qui à réellement révolté l’opinion et mis le cas SENAME au centre du débat publique c’est la tentative du pouvoir judiciaire d’enterrer le rapport, le maintenant occulte jusqu’en mars 2013 avant que les révélations du journal d’investigation Ciper lève le voile sur l’affaire2.
Rappelons que le Chili est l’un des pays signataires de la Convention relative aux Droits de l’Enfant3 qui propose une vision intégrale de la protection des enfants et des adolescents en leur garantissant des droits sociaux, économiques, culturelle et politiques. Si le comité en charge de vérifier périodiquement l’harmonie entre la convention et le droit chilien reconnait des efforts législatifs de l’état pour protéger les droits des mineurs, le cas du Sename était résté jusqu’en 2013 un pojnt d’intérogation.
Ces violations des droits de l’Hommequi grangènent l’institution sont causées par des années de mauvaise assignation des ressourses, le manque de vigilance, le manue de formation du personnel et l’opacité de l’utilisation des fonds publics par les sous-traitants privés en charge de 63% des centres du SENAME4
Au sein de ces centres, les jeunes sous le coup d’une peine judiciaire et ceux pris en charge pour des causes de vulnérabilité (absences de tuteurs légaux, pauvreté) vivent ensembles sans aucune séparation. Le rapport que nous avons mentionné est équivoque : 25% de ces jeunes vivent continuellment en situation de danger causé par des problèmes chroniques comme l’insalubrité, le retard scolaire, période d’internement étendues de manière arbitraire sans qu’aucun contact ne soit maintenu avec la famille ou les proches. Le rapport sonne l’alarme, il faut modifier rapidement et massivement le système.5

Entre létargie de la puissance publique et cupidité du secteur privé, la situation se détériore

Alors qu’en est-il 4 ans plus tard ? Si la lumière a été faite sur l’atrocité du systeme, et malgré la publications de divers documents d’ONG proposant des mesures précises pour améliorer la situation, rien n’a changé.
Le 11 avril 2016, Lissette Villa est la troisème enfant a perdre la vie dans un centre du Sename en 24 mois. La fillette de 11 ans, prise en charge suite à des histoires d’abus sexuels, a succombé à une crise que le personnel sans formation n’a pas su géré, la loi obligeant pourtant la présence de personnel médical. Cette tragédie témoigne de la dure réalité de plus de cent mille enfants entre les mains de l’Etat.6
Un an plus tard, en 2017, une nouvelle investigation est réalisée de nouveau par l’action conjointe du pouvoir judiciaire et de l’UNICEF. Le compte-rendu n’est pas rendu public mais Ciper parvient une nouvelle fois à mettre la main dessus. La situation en s’est pas améliorié. Pire, les ressources assignés à la formation ont été réduite de 400% et des millions d’euros d’argent public se sont perdu dans les mains des sous-traitants privés.7

En pleine campagne présidentiel, que penses les candidats ?

Alors que nous sommes entre les deux tours de l’élection présidentielle (le second tour aura lieu le 17 décembre prochain), les candidats se sont prononcés chacun leur tour sur le “cas Sename”, toujours au centre du débat publique.
Les deux candidats encore en lice sont le milliardaire et ancien président Sebastian Piñera et Alejandro Guillier qui représente le parti de Michelle Bachelet, l’actuelle présidente. Le premier représente la droite conservatrice, le second se revendique du socialisme.
Surtout, aucun des deux ne peut échapper à ses responsabilités en pointant du doigt la faute d’autrui : le cas Sename a éclaté quand Sebastian Piñera était au pouvoir et la mort de Lissette a eu lieu sous l’actuelle présidence de Michelle Bachelet, de la même couleur politique qu’Alejandro Guillier.
Les deux hommes formules des propositions similaires : poursuivre l’effort de la présidente actuelle en matière de législation, réorganiser le SENAME pour en faire un lieu où les droits de l’enfance sont respéctés, appliquer les recommendation de l’UNICEF,… Le socialiste se concentre sur l’importance de la scolarisation et la santé8, le conservateur pointe du doigt la nécessité d’aider les familles pour prévenir les situations de vulnérabilités et proposent de mettre en place un système d’amende contre les centres qui en rempliraient pas les critères9.
Seulement, ces proprositions ont un goût amère. Pendant quatre ans, huit projets de lois ont vu le jour et les quelques uns qui ont été promulgué n’ont pas eu d’effet sur le fond. Aucun n’a eu pour but de séparer les enfants pris en charge pour cause de vulnérabilité de ceux présents pour des délits, et les candidats n’ont pas évoqué le sujet.
En somme, il semble peu probable que le service souffre d’une refonte profonde au cours des prochaines années.

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