Crédit foodcooplefilm.com

Food Coop : « consommer autrement »

Le 2 novembre est jour de sortie nationale pour Food Coop, film documentaire réalisé par Tom Boothe. Lumière sur une coopérative alimentaire new-yorkaise au fonctionnement pour le moins subversif.

L'affiche du film Food Coop. Crédit foodcooplefilm.com.

L’affiche du film Food Coop. Crédit foodcooplefilm.com.

La Park Slope Food Coop (PSFC) est nichée dans le quartier de Brooklyn à New-York, entre une caserne de pompiers et une école catholique. Fondée en 1973, cette coopérative alimentaire aux 17 000 membres a atteint sa taille maximale. Elle ne peut délivrer la précieuse carte de nouveau membre, ni agrandir son local.

Tom Boothe nous plonge au cœur de ce microcosme. Véritable fourmilière ouverte sept jours sur sept, 365 jours par an, le supermarché coopératif est devenu en 40 ans le plus rentable de New York. Il affiche un chiffre d’affaires dix fois supérieur à la moyenne.

Les membres effectuent 75 % du travail nécessaire au bon fonctionnement de l’organisation, à raison de 2h45 par mois. Le reste est délégué aux 70 salariés à temps plein. « Le salaire dentrée à la Park Slope cest 3 fois le SMIC de l’État de New York, avec des avantages quont les PDG aux États-Unis (vacances, retraites, assurance maladie) », précise Tom Boothe. « Tu commences avec deux semaines de vacances payées et ça monte jusqu’à 5 semaines. C’est quasi-inexistant aux États-Unis ».

Mixité sociale et produits de qualité

« Que faites-vous dans la vie? », c’est la question posée aux acteurs du supermarché coopératif. Psychologue, graphiste, travailleur social, réalisateur… le panel est étonnamment varié. L’idée est de créer du lien tout en permettant un accès démocratisé à une nourriture de grande qualité, locale à plus de 80 %, et issue de l’agriculture biologique. « Il y a tout ce que vous voulez, et vous pouvez vous l’offrir », synthétise l’une des consommatrices.

Véritable lieu de vie, on y trouve une garderie, un journal de la communauté appelé le Linewaiters Gazette (La Gazette des queues). Le réalisateur fait le choix d’alterner une caméra en mouvement et des plans fixes. Le mouvement constant rythmé par le bruit entêtant des lecteurs de codes-barres donne le tournis. La PSFC fait en sorte de ne rien perdre : les excédents de marchandises sont compostés ou servent à la soupe populaire.

Un modèle alternatif qui s’exporte

Malgré le succès fulgurant, la logique du projet ne semble pas se tourner vers le profit poussé à l’extrême. Les 17 000 membres sont propriétaires du lieu. Pas de PDG, ni de rémunération du capital, chaque décision est prise au moyen d’un système de décision horizontal. Un Conseil d’administration composé de cinq membres élus se réunit tous les mois en Assemblée générale. La réunion est ouverte à tous les membres, avec un système de classeur pour les suggestions.

Tom Boothe a essaimé en France et ouvert, avec Brian Horihan, La Louve, une coopérative basée sur le mode de fonctionnement de la PSFC. Les deux Américains, qui vivent à Paris, ont perçu 150 000 € de financements en grande partie via le site participatif Kisskissbankbank.

Crédit bannière : foodcooplefilm.com.

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