Hillary Clinton est amenée à disparaître du programme d’Histoire au Texas ; telle est l’issue du vote préliminaire du Conseil de l’éducation, le 15 septembre dernier. Alors qu’un vote final, prévu en novembre, doit entériner cette décision, la controverse, elle, ne s’est pas fait attendre.

Un volonté d’ « alléger » le programme

Selon les programmes actuels encore en vigueur, tout élève (qui est scolarisé dans le public) au Texas doit recevoir un enseignement qui lui permettrait de « comprendre l’importance de l’efficacité des dirigeants dans une république constitutionnelle » et d’ « évaluer les contributions des dirigeants politiques majeurs tels que […] Hillary Clinton ». Pour certains professeurs, le nombre de figures historiques dont on exigeait des élèves une telle connaissance était trop important. Selon eux, ils n’apprenaient plus vraiment mais se contentaient de mémoriser des dates et des noms.

C’est le Dallas News qui, le premier, a révélé l’affaire au grand public. L’État du Texas a donc décidé de dégraisser les programmes – quitte à pousser vers la sortie, entre autres, l’ex-Première Dame américaine et première femme à être investie par un parti politique pour les élections présidentielles. En effet, l’ex cheffe de la diplomatie sous Obama n’est pas la seule à faire les frais de ces changements ; l’œuvre d’Helen Keller, militante féministe et politique américaine ainsi qu’auteure, sourde et muette depuis sa plus tendre enfance et première personne handicapée à obtenir un diplôme universitaire, ne devrait plus être évoquée en classe.

Des choix qui sont loin de faire l’unanimité

C’est l’incompréhension, voire l’indignation, qui ont suivi la nouvelle, très partagée et commentée sur les réseaux sociaux. Hillary Clinton – s’il fallait ajouter quelque chose à son CV déjà impressionnant – a également été la première femme sénatrice de l’État de New-York. Ainsi, la supprimer des manuels scolaires reviendrait à supprimer des moments considérés pour beaucoup d’historiques dans l’histoire contemporaine des États-Unis d’Amérique. De là à considérer qu’il s’agit d’un choix politique pour le Texas, il n’y a qu’un cas pour beaucoup des détracteurs de ce vote.

En effet, alors que la très célèbre démocrate n’est pas considérée « essentielle » selon un barème qui a été établi pour l’occasion, le vote a également porté sur le maintien d’autres références. Moïse, et l’influence qu’il a eu dans l’écriture des textes fondateurs américains ou la nécessité que les élèves puissent expliquer comment « le rejet arabe de l’état d’Israël a mené au conflit actuel au Moyen Orient » devraient, quant à eux, bel et bien toujours figurer au programme. Malgré leur caractère très clivant.

L’état du Texas n’en est pas à sa première polémique

En 2013 déjà, l’ONG Texas Freedom pointait du doigt les membres du Conseil de l’éducation Texan qui, au moment de choisir les manuels de biologie, faisaient part de leur volonté de privilégier les thèses créationnistes, au détriment de la théorie de l’évolution de Darwin –consensus scientifique pourtant reconnu par une très large majorité. Dans un document, l’ONG rappelle que David Bradley, un des membres du comité et grand défenseur du créationnisme, avait déclaré en 2007 : « Si certains de mes camarades veulent croire que leurs ancêtres étaient des singes, ils en ont le droit. Je pense que c’est Dieu qui est à l’origine de notre existence » ou encore que Barbara Cargill, sa présidente en 2011, déplorait que l’on enseigne qu’un « côté » de l’évolution, en ignorant ses « faiblesses » (elle entend les arguments qui viendraient contredire la théorie de l’évolution).

Quelques années auparavant, les défenseurs de cette « science de la création » avaient déjà essayé d’inscrire son enseignement dans les programmes. Ils s’étaient heurtés à la loi fédérale, qui les en avaient alors empêché. Rappelons que, même si les lois fédérales posent un cadre à de nombreuses législations, les États ont la main mise dans de nombreux domaines. Ce qui explique que, bientôt peut-être, un élève de Dallas n’entendra pas parler d’Hillary Clinton en classe, tandis qu’à 330 kilomètres de là, les élèves d’Oklahoma City débattront de son héritage.

Photo de bannière :Le président Barack Obama, avec la secrétaire d’État Hillary Rodham Clinton, prononce une déclaration dans la roseraie de la Maison-Blanche, le 12 septembre 2012, à la suite de l’attaque du consulat américain à Benghazi, en Libye. Crédits : photo officielle de la Maison Blanche par Lawrence Jackson.

 

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