Incendie du camp de réfugiés de Moria à Lesbos : que fait l’Europe ?

Après l’incendie qui a ravagé le camp de Moria sur l’île grecque de Lesbos, à moins de 15 kilomètres du rivage turc, de nombreux migrants se trouvent sans refuge. Le camp n’est plus qu’une vaste ruine. Le gouvernement grec ainsi que l’Union Européenne tentent de trouver des solutions pour accueillir des réfugiés…

Le 8 et 9 septembre 2020, deux incendies ont décimé le camp de Moria sur l’île grecque de Lesbos. Locaux administratifs, centre d’enregistrement : l’incendie a brûlé la totalité du camp. Le camp de Moria, ouvert en 2013 sur une ancienne base militaire accueille près de 12 500 migrants, soit un total bien supérieur à sa capacité d’accueil. L’un des plus grands camps de réfugiés d’Europe est parti en fumée en l’espace d’une nuit. Une enquête est en cours afin de connaître les causes de cet incendie. Toutefois, la piste d’un incendie volontaire commis par un demandeur d’asile souhaitant quitter l’île est à privilégier selon les dires du gouvernement grec.

Des milliers de migrants, qui proviennent d’Afghanistan, de Syrie ou du Congo se sont retrouvés dès mardi soir, sans aucun abris, fuyant in extremis les flammes qui ont ravagées leurs abris de fortune. Pour certains, c’est une partie de leur vie qui s’est envolée dans la catastrophe. La plupart de ces réfugiés ont dû laisser leurs papiers, leurs photos de famille dans les flammes. Ils ont aussi tenté de sauver dans la précipitation quelques vêtements, couvertures ou matelas. Fort heureusement, on ne compte aucune victime, mais le camp n’est plus qu’une vaste ruine.

Des milliers de migrants se retrouvent dans le dénuement le plus complet. Les réfugiés se sont d’ailleurs plaints du manque de réaction des autorités et des organisations non-gouvernementales (ONG) pour leur venir en aide. Sans eau, ni nourriture, ils ont dû se débrouiller avec leurs propres moyens en attendant l’aide des autorités. Des défenseurs des droits des migrants ont élevé leur voix pour dénoncer les conditions de vie des réfugiés. Néanmoins, il n’en demeure pas moins que le camp n’a cessé de se détériorer ces dernières années. La grande majorité d’entre eux dort à même le sol depuis la nuit du 8 au 9 septembre, dans des conditions insalubres.

Ouverture d’un camp provisoire tout en composant avec la crise du Covid-19 : des mesures sanitaires difficiles à instaurer

Dans ce camp où la promiscuité était extrême, le risque de propagation du coronavirus est d’autant plus important. Les autorités bloquent une partie de l’île pour endiguer la propagation de la Covid-19. Dimanche 13 septembre, les autorités grecques ont affirmé que dans « les cinq prochains jours » un nouveau camp de migrants serait aménagé aux alentours du port de Mytilène. Au début, quelques 300 personnes ont pu être réparti dans ce camp mis en place en un temps record. Toutefois, l’objectif du ministre grec des Migrations est l’accueil et l’installation de tout le monde dans le nouveau camp. Un projet pour le moins optimiste mais toutefois risqué. Car, selon les estimations, 200 personnes parmi les demandeurs d’asiles pourraient être contaminées. En effet, à cause du Covid-19 des mesures de restrictions de sorties du camp sont mises en place.

L’aide encore timide de L’Union Européenne (UE). Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies appelle les pays membres de l’UE à faire preuve de « solidarité »

La présidente de la Commission européenne Ursula Von Leyen a souligné que l’Union Européenne était «prête à aider» la Grèce. Celle-ci traverse une crise économique depuis de nombreuses années et doit composer avec cette crise migratoire. La Grèce a pu transférer les 400 mineurs non accompagnés en Grèce continental. Mais, plus de 12 000 personnes sont restées sur les lieux de la catastrophe, dans des conditions de vie déplorables. D’ici la fin du mois de septembre, une commission européenne devrait avoir lieu. Elle aurait pour but de proposer un nouveau pacte sur la migration ainsi que sur l’asile des réfugiés.

Horst Seehofer, ministre fédéral de l’Intérieur d’Allemagne a déclaré au cours d’une conférence de presse aux côtés du commissaire européen aux migrations, M. Schnias, que l’Allemagne était « en discussion » avec d’autres pays. Le ministre allemand des affaires étrangères Heiko Maas, a annoncé que l’Allemagne était prête à aider la Grèce dans sa gestion de cette crise. Angela Merkel, chancelière allemande, a annoncé la mise en place d’une initiative franco-allemande. Cette action permet d’accueillir dans l’Union Européenne, des réfugiés mineurs, isolés, qui se retrouvaient à Moria. La France et l’Allemagne ont pour objectif d’accueillir 400 mineurs.  Les Pays-Bas ont déjà proposé d’accueillir une centaine de migrants dont la plupart sont mineurs. Le Luxembourg, la Belgique, la Finlande, la Slovénie, la Croatie et le Portugal font partie de ces quelques pays qui se sont portés volontaires pour accueillir un certain nombre d’enfants au sein de leur territoire.

L’accueil des migrants : un sujet au cœur du débat européen

La catastrophe de Moria a remis au centre du débat le problème de l’accueil des demandeurs d’asiles en Europe. Ce sujet divise de nombreux pays au sein de l’Union Européenne. Samedi 12 septembre, aux abords du port de Mytilène, se sont rassemblés de nombreux réfugiés. Ils ont le sentiment qu’on ne les entend pas. Ils se sont rassemblés pour manifester leur colère et leur appréhension concernant les moyens mis en œuvre pour leur venir en aide. En outre, ils ont aussi dénoncé le manque d’action concrète et effective du gouvernement face à la détresse de milliers de personnes.

En effet, les migrants veulent que la lumière soit faite sur leurs conditions de vie. Ils aimeraient aussi que la situation se clarifie davantage. Ainsi que les discussions qui ont eues lieu puissent mener à des solutions objectives et concrètes.  A ce stade, encore peu d’éléments ressortent à propos du recensement des migrants car le rendu est encore plus difficile après l’incendie. De plus, la situation des réfugiés est d’autant plus préoccupante. Car le risque d’une seconde vague de l’épidémie de Coronavirus menace le continent européen.

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