Inondations en Iran, plus de 60 morts : le bilan politique d’une catastrophe naturelle

Une fois de plus, des inondations destructrices ont touchées de nombreuse régions en Iran. En dépit de prévisions météorologiques indiquant de fortes précipitations pour ces territoires, les mollahs n’ont pris aucune mesure pour faire face à cette catastrophiques annoncée

Les villes concernées se trouvent dans une province de l’ouest du pays. L’Iran avait déjà été touché en mars par des inondations d’une ampleur inédite, qui avaient fait 45 morts à travers le pays. Selon les services d’urgence, 23 des 31 provinces iraniennes ont été touchées par des inondations ou risquent de l’être.

Des dégâts considérables

« L’alerte rouge a été déclarée dans la province de Lorestan avec quatre ou cinq villes en situation très grave », selon la chaîne d’information publique IRINN. Des informations font état de régions complètement inondées où les habitants sont coincés sur les toits de leur maison. L’eau est monté de trois mètres dans certains secteurs. Le directeur du Croissant rouge pour le Lorestan, Sarem Rezaee, a précisé que son organisation avait « perdu tout contact avec une grande partie de la province. Les téléphones ne fonctionnent pas, les communications radio sont hors service et les hélicoptères ne peuvent atterrir en raison des conditions climatiques. La situation est extrêmement grave. »

Les responsables de la province de Lorestan ont donné l’ordre d’évacuer pour se mettre à l’abri dans des refuges et des camps d’urgence, en faisant appel aux forces armées pour obliger les habitants à partir. Mais ni les Gardiens de la révolution ni le ministre de l’Intérieur n’ont précisé où se trouvaient ces lieux sûrs et ces camps imaginaires!

La principale voie ferrée reliant la capitale Téhéran au sud du pays a elle aussi été submergée par les eaux. Quatre barrages de la province de Lorestan ont cédés. Les ponts, les oléoducs et gazoducs ont eux aussi été détruits par les inondations.

Les inondations montrent une fois de plus le niveau de mauvaise gestion du régime iranien dans la planification urbaine et dans la préparation aux situations d’urgence. Les dégâts auraient pu être prévus à l’avance et des mesures préventives aurait dû être prises.

La responsabilité du gouvernement

Le dragage des rivières et des barrages, le nettoyage des berges, la gestion des bassins versants et la protection des forêts sont des questions essentielles que le régime a occulté depuis des années, préférant investir dans la répression, le terrorisme ou la guerre.

Depuis fin 2017, on assiste à des manifestations anti-régime de masse. Des protestations incessantes qui trouvent leur fondement dans la corruption généralisée du régime et la négligence dont celui-ci fait preuve sur les questions environnementales. Cette catastrophe est l’ultime illustration et le résultat direct d’une très politique écologique inexistante.

Même si le pays vit des moments gravissimes, Ali Khamenei, le Guide de la Révolution de la République islamique d’Iran, et Hassan Rohani n’ont fait aucun geste concrets pour aider leur propre peuple. Les Iraniens sont livrés à eux-même, sans aucune assistance et se regroupent désormais en conseils locaux pour faire face à cette catastrophe.

Les seules actions du gouvernement se limitent à tenter d’empêcher la révélation de l’ampleur exacte des pertes humaines et des dégâts matériels pour éviter la colère populaire. Tous les chiffres annoncés sont minimisés dans les médias officiels.

Dans les rues, le Corps des gardes de la révolution islamique (pasdaran) est bien présent, non pour aider les Iraniens, mais pour empêcher de nouveaux troubles. Un général des pasdaran a même osé déclarer que l’installation des points de contrôle et la sécurité sont des objectifs majeurs à l’heure actuelle. Les forces du pasdaran arrêtent désormais systématiquement les convois d’aides vers les zones sinistrées pour empêcher que des témoins constatent les dégâts sur place. Inquiet que la responsabilité destructrice des gardiens de la révolution et des organes du gouvernement ne soient mises à jour, les mollahs tentent par la menace et la répression de contenir la colère du peuple.

Selon l’Organisation météorologique iranienne, il faut s’attendre prochainement à de nouvelles averses, à des rafales de vent, à des inondations et à des débordements de fleuves dans plusieurs provinces.

Photo de bannière. Iran : lors de précédentes inondations en 2017. Crédit : Tasnim News

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