Irlande : une date fixée pour le référendum sur la légalisation de l’avortement

Le gouvernement irlandais a annoncé le 28 mars dernier que le référendum sur la légalisation de l’avortement aura lieu le 25 mai. Interdite par le 8e amendement de la Constitution, cette procédure suscite de nombreux débats depuis plusieurs années.

Fin janvier, le gouvernement irlandais se prononçait sur l’organisation d’un référendum sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG) mais aucune date n’avait été fixée.

Un référendum attendu

Il y a quelques jours, Simon Harris, le ministre irlandais de la Santé, a annoncé la tenue du référendum le 25 mai après l’accord des chambres du Parlement irlandais et l’adoption du texte de loi par le Sénat. La population irlandaise a jusqu’au 8 mai pour s’inscrire sur les listes électorales. Les bureaux de vote seront ouverts de 7 h à 22 h. Ce référendum était une promesse de Leo Varadkar, le Premier ministre irlandais. Si l’Irlande vote en faveur de ce référendum, l’avortement sera autorisé durant les douze premières semaines de grossesse. En juillet 2016, un projet de loi pour légaliser l’avortement en cas de malformation du fœtus avait été rejeté par le Parlement irlandais. Cette fois-ci, le gouvernement se dit favorable à la légalisation de l’avortement.

Une pratique totalement interdite jusqu’en 2013

L’Irlande est l’un des pays les plus catholique d’Europe. L’avortement y était totalement interdit avant 2013. Depuis cette date, il est autorisé d’avorter uniquement si la vie de la mère est en danger. Actuellement, la malformation du fœtus, l’inceste ou le viol ne sont pas des raisons suffisantes pour avoir recours à l’interruption volontaire de grossesse. L’Irlande n’est pas le seul pays d’Europe à interdire l’avortement, bien que dans la majorité des pays il soit autorisé. Cinq pays n’autorisent pas l’IVG en Europe. Comme l’Irlande, Andorre autorise l’avortement seulement si la vie de la mère est en danger. En Pologne et à Chypre, la femme peut avoir recours à l’avortement en cas d’inceste, de problèmes médicaux, de malformation du fœtus et de viol. Cependant, à Malte l’avortement est complètement interdit.

Avorter en Irlande : une intervention risquée

Avorter illégalement en Irlande peut être sévèrement punie par loi. Pour ce genre de pratique, une femme encours une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à quatorze ans. Beaucoup de femmes décident donc chaque année d’aller avorter en Angleterre. En revanche, c’est une intervention au coût élevé et les Irlandaises doivent également payer le transport et l’hébergement. En Irlande, il n’est pas étonnant de voir dans les rues des associations qui récoltent des dons pour financer le voyage jusqu’en Angleterre aux femmes irlandaises qui désirent avorter. Selon un sondage récent du quotidien britannique The Guardian, 56% des sondés sont en faveur de l’accès à l’IVG jusqu’à la douzième semaine de grossesse et 29% sont contre. Les autres n’ont pas souhaité s’exprimer ou sont encore indécis. Ce sondage laisse présager un vote majoritairement favorable lors du référendum du 25 mai.

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