La COP24 au secours de l’accord de Paris

Du 2 au 14 décembre, près de 200 pays se réuniront à Katowice, en Pologne, dans l’optique de sauvegarder et mettre en application l’accord de Paris. Signé en 2015 lors de la COP21, ce dernier est censé contenir le réchauffement mondial sous la barre des 2°C par rapport à la période préindustrielle. Problème : les émissions de gaz à effet de serre ont atteint un nouveau record et les États semblent moins disposés à faire des efforts. 

« Aujourd’hui plus que jamais, les nations doivent prendre des mesures urgentes et inédites ». Ce signal d’alarme, de nouveau tiré par les Nations unies, devrait retentir à Katowice (sud de la Pologne) où seront réunis les représentants de près de deux-cents États, des organisations non gouvernementales (ONG), des entreprises et des institutions scientifiques.

Dans le cadre de la vingt-quatrième conférence des parties sur le climat, ils tenteront de donner un nouveau souffle à l’accord de Paris dont les ambitions risquent de ne pas être à la hauteur, si rien n’est fait pour contenir le réchauffement climatique sous la barre fatidique des deux degrés. Seront donc négociés des plans d’actions précis et contraignants. Les pays signataires devraient également définir les financements qui incluent l’assistance internationale aux pays victimes des changements climatiques, soit environ 100 milliards d’euros d’ici 2020.

Les experts appellent à agir très vite

Dans son dernier rapport publié le mardi 27 novembre, l’organisation des Nations unies (ONU) est catégorique : « Les engagements actuels exprimés [par chaque état au niveau national] sont insuffisants pour combler l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions d’ici à 2030 ». D’après l’ONU, la situation a empiré. Après trois années de stagnation, les émissions mondiale de CO2 issues de l’énergie et de l’industrie ont augmenté en 2017. Elles auraient même atteint un record historique (plus de 53,5 gigatonnes équivalent CO2), or « pour que les pays du monde puissent limiter le réchauffement planétaire à 2°C et 1,5°C en suivant un profil d’évolution à moindre coût, les émissions mondiale en 2030 doivent être respectivement inférieures d’environ 25 et 55% par rapport à celles de 2017 ».

De son côté également, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) appelle à agir très vite afin de respecter les engagements pris en 2015. Conclu à l’issue de la COP21 par 195 pays, l’accord de Paris a pour objectif de contenir d’ici à 2100 le réchauffement climatique bien en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels et, si possible, de poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à +1,5°C. Pourtant, le monde s’est déjà réchauffé de 1°C en moyenne et les engagements nationaux actuels de réduction des gaz à effet de serre nous mènerait vers un réchauffement de +3°C, indique le rapport des experts, rendu public en octobre.

Contexte politique défavorable

Car si rien n’est fait, il faudra s’attendre à une augmentation de dix centimètres du niveau marin, exposant près de dix millions de personnes aux risques d’inondations, mais à une acidification des océans, qui aura un impact sur les courants, sur les ressources de poissons et sur l’agriculture. Les phénomènes météorologiques extrêmes tels que la canicule ou les tempêtes tropicales seront également plus courants, notamment dans les pays au climat tempéré.

Le sommet de la COP24 intervient dans un contexte politique peu encourageant. Le futur président brésilien Jair Bolsonaro pourrait faire sortir son pays de l’accord de Paris, marchant ainsi dans les pas de son homologue américain Donald Trump. Récemment, le Brésil a annoncé qu’il n’accueillerait pas la COP25 en 2019 alors que le pays couvre en son sein le poumon vert de la planète. Du côté des États-Unis d’Amérique, deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre derrière la Chine, le président climato-sceptique a déclaré cette semaine qu’il ne « croy[ait] » pas aux  conclusions d’un rapport détaillé, validé par son administration, pointant les conséquences désastreuses du changement climatique sur l’économie américaine. « Nous n’avons jamais été aussi propres que nous le sommes maintenant », a-t-il notamment déclaré.

Finalement, même la France, pourtant promotrice de l’accord de Paris, ne montre pas de grand enthousiasme à cette conférence. Ni le président de la République, Emmanuel Macron, ni le Premier ministre français, Édouard Philippe, ne participeront à la COP24. L’Élysée a annoncé ce dimanche 2 décembre qu’elle n’enverrait que le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, pour représenter le pays. 

Photo de bannière. CC0 Creative Commons

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