Le Sahara occidental : un territoire au cœur de nombreuses revendications

Le Sahara occidental, riche en ressources, est situé au nord-ouest du continent africain. Ce territoire a été un protectorat espagnol jusqu’en 1975. Depuis cette date, le Sahara occidental, qualifié de territoire non-autonome par l’Organisation des Nations Unies (ONU), est au centre de diverses tensions.

Le Sahara occidental est revendiqué par le Maroc, ainsi que la Mauritanie. Le Front Polisario lutte quant à lui pour son indépendance et celle de son peuple, les Sahraouies. C’est un mouvement indépendantiste armé, aussi appelé Frelisario, créé en 1973 pour lutter contre la colonisation espagnole, puis pour l’indépendance du Sahara occidental face aux revendications marocaines et mauritaniennes.

Du 28 janvier au 7 février 2020 se tenait la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de Futsal orchestrée par le Maroc. Ce dernier a pris l’initiative d’organiser l’événement à Laâyoune, une ville sur le territoire du Sahara occidental. Cela a ravivé les tensions dans la région. Depuis le cessez-le-feu instauré en 1991 entre les belligérants, aucun accord n’a été trouvé, et la situation semble gelée.

Une souveraineté affirmée par le Maroc sur ce territoire

Le Sahara occidental était sous protectorat espagnol de 1884 à 1975. C’est au moment de la décolonisation du territoire que les tensions autour des revendications ont émergé. En effet, en 1975, l’Espagne se retire du Sahara occidental, et envisage la mise en place d’un référendum d’autodétermination. Le Maroc s’y oppose, car, comme la Mauritanie, il revendique ce territoire. Les accords de Madrid sont signés le 4 novembre 1975. Ils partagent l’ancien protectorat entre le Maroc et la Mauritanie suite au retrait espagnol. La même année, la Cour Internationale de Justice rend un avis en faveur de l’autodétermination du peuple sahraoui, comme l’ONU en 1965.

Encore aujourd’hui, le Maroc agit comme s’il était souverain sur ce territoire. C’est notamment le cas lorsqu’il a organisé la CAN à Laâyoune début 2020. Lors de cet événement sportif, le gouvernement sud-africain a déclaré forfait pour rester conforme aux résolutions de l’Union Africaine. Cette organisation reconnaît la République arabe sahraouie démocratique (RASD) proclamée par le Front Polisario, le 27 février 1976, sur le territoire du Sahara occidental et dont la capitale est Laâyoune.

C’est aussi le cas, le 6 novembre 1975, lors de la Marche verte organisée par Hassan II, le roi du Maroc. Durant cette marche pacifique, 350 000 Marocains partent du Maroc pour s’installer au Sahara occidental. Le but est de récupérer ce territoire, car il estime qu’il fait partie de ses provinces du Sud. Il avance des raisons historiques et commerciales, mais aussi le besoin de préserver la stabilité régionale en exerçant sa souveraineté sur le Sahara occidental.

Plus récemment, en avril 2020, le Maroc a adopté deux projets de loi pour étendre ses eaux territoriales sur celles du Sahara occidental, et donc être souverain sur ce territoire. Ces projets de lois ont été contestés par le Front Polisario. En effet, le Sahara occidental détient de nombreuses ressources, notamment une façade maritime très poissonneuse, des nappes de pétrole, du phosphate, du manganèse, des mines de fer, ainsi que des ressources agricoles.

Enfin, lors de la guerre de 1975 à 1991, le Maroc n’a pas hésité à construire un mur de défense en territoire du Sahara occidental. En effet, c’est en 1980 que des murs de sable, long de plus de 2 500 km, sont érigés et sont gardés par les soldats marocains pour se protéger des incursions du Front Polisario.

L’affirmation de la souveraineté marocaine sur le territoire n’est pas juste physique, elle est aussi économique. En effet, en 2018, 53 % des financements du Maroc dans cette zone étaient à destination du Sahara occidental. Cela traduit une volonté d’intégration économique de ce territoire qu’il considère comme ses Provinces du Sud.

Un conflit ensablé

Le Sahara occidental est inscrit sur la liste des territoires non-autonomes des Nations unies depuis 1963. L’annexion du Sahara occidental par le Maroc n’a pas été reconnue par les autres États du monde. Toutefois, les cartes officielles marocaines n’hésitent pas à illustrer le Maroc avec la partie annexée du Sahara occidental. C’est par exemple le cas des cartes dans des manuels scolaires français diffusés au Maroc.

De plus, les entreprises multinationales, nouveaux acteurs géopolitiques, influencent la reconnaissance ou non du Sahara occidental. En effet, la compagnie pétrolière Total avait obtenu une licence pour chercher du pétrole sur le territoire du Sahara occidental par le Maroc, et ce, sans le consentement de la population Sahraouie. Ce n’est qu’en 2015 que la compagnie a cessé d’en chercher. Néanmoins, ces agissements rendent plus complexes la résolution du conflit dans cette région.

Les négociations entre les belligérants semblent ensablées, malgré le cessez-le-feu mis en place en 1991 par l’ONU ainsi que la création de la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO). En effet, cela fait suite à la guerre de 1971 à 1991 opposant le Maroc et la Mauritanie au Front Polisario. Ce dernier a été, et est encore, soutenu par l’Algérie, État rival du Maroc depuis leur indépendance. L’Algérie accueille sa base arrière, ainsi que les populations civiles Sahraouies réfugiées.

Lors des concertations, le Maroc exige une autonomie élargie du Sahara occidental, mais faisant partie de son royaume et sous sa souveraineté. En revanche, le Front Polisario revendique un référendum pour l’autodétermination des Sahraouies, comme prévu par l’ONU en 1991. Des plans de paix ont également été proposés en 2001 et 2003, mais ils n’ont pas abouti. En 2018, une rencontre a été organisée à Genève entre le Front Polisario, le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie. C’était une table ronde ayant pour but de relancer les négociations interrompues depuis 2012. Cependant, aucun accord n’a été trouvé.

La RASD n’est toujours pas reconnue par les États et les institutions internationales, à l’exception de l’Union africaine (UA). Le Sahara occidental a intégré l’UA en 1982. Cela a provoqué le départ du Maroc en 1984, mais il a finalement réintégré l’Union en 2017. Cela pourrait donner lieu à de nouvelles négociations, et permettre de trouver un accord.

Ainsi, depuis 1991, les négociations perdurent sur la question du Sahara occidental, mais ne semblent pas trouver de compromis entre les parties. L’indépendance du Sahara occidental semble être un avenir utopique pour les Sahraouies. Beaucoup ont fui le territoire pour se réfugier en Algérie, et une partie y ont passé toute leur vie.

Sources

Image prise par Sergey Pesterev disponible sur : https://unsplash.com/photos/9-5-WYEBDz0.

Le Monde diplomatique, Sahara occidental : échec au plan de paix [en ligne]. Disponible sur : https://www.monde-diplomatique.fr/1992/11/FROBERVILLE/44808

Le Monde diplomatique, Sahara occidental : la paix en suspens [en ligne]. Disponible sur : https://www.monde-diplomatique.fr/mav/24/BOUCHAYER/55104

Le Monde diplomatique, Le Sahara occidental suscite les convoitises de ses voisins [en ligne]. Disponible sur : https://www.monde-diplomatique.fr/1975/08/BALTA/33315

Le Monde diplomatique, Vers l’autonomie du Sahara occidental ? [en ligne]. Disponible sur : https://www.monde-diplomatique.fr/publications/l_atlas_un_monde_a_l_envers/a53910

Le dessous des cartes, Sahara : conflit ensablé ? [en ligne]. Disponible sur : https://www.youtube.com/watch?v=Ly5FpZbDRis

DEDENIS Julien, « Le Sahara occidental : un territoire revendiqué … des territoires imaginés ? », L’Information géographique, 2011, Vol. 75, pp. 42-50

MARTIN Lucile, « Le dossier du Sahara occidental », Les Cahiers de l’Orient, 2011, N°102, pp. 43-57

Le Courrier international, L’Algérie et le Maroc, frères rivaux à jamais ? [en ligne]. Disponible sur : https://www.courrierinternational.com/article/diplomatie-lalgerie-et-le-maroc-freres-rivaux-jamais

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