Les jeux olympiques à travers le regard de Pélops

Du 23 juillet au 8 août 2021, c’est la date à laquelle les Jeux Olympiques (JO) de 2020 ont été fixés. Dates incertaines, le report des JO, à cause de la pandémie, a été longuement discuté. Les jeux olympiques sont un événement mondial qui a de forts enjeux sportifs, économiques et politiques.

Mais nous oublions souvent l’origine de ces jeux, leur création ancienne et l’histoire qui les accompagnent. A travers le regard de Pélops, comprenez les origines de cet événement local devenu un phénomène mondial.

Naissance

C’est en Grèce et plus précisément dans la ville d’Olympie, dont ils tirent leur nom, que tout a commencé au VIIIe siècle avant Jésus-Christ. Je suis Pélops, le prince phrygien de la mythologie grecque et le fondateur mythique des jeux. Vous pourriez vous demander de manière légitime qui suis-je ? Et bien, ma renommée tient à une victoire lors d’une course de chars contre le roi de Pise Oenomaos. Cette réussite m’a valu la main de sa fille Hippodamie et l’obtention de la couronne d’une grande région en forme de main, le Péloponnèse.

Toutefois, je ne suis pas le seul auquel on attribue la création de JO. Pindare, un célèbre poète lyrique grec, a soutenu que c’est le grand héros thébain Héraclès (Hercule dans la mythologie romaine) qui en est à l’origine.

Ma version était partagée par les Pisates qui étaient les habitants d’une citée grecque, Pise, dans la région d’Elide, et étaient les mycéniens les plus anciens du Péloponnèse. La deuxième version, qui ne me reconnaît pas comme le créateur, a été soutenue par les nouveaux peuples doriens qui ont conquis l’Elide. Ces derniers peuples ont mis en avant le dieu Zeus comme grand dieu du sanctuaire et des jeux à Olympie.

Mais la question que vous devez vous poser est : à quoi ressemblaient les JO à cette époque ? C’était loin de ce qu’il se passe aujourd’hui. De la première olympiade à la 24ème, les épreuves étaient uniquement gymnastiques et se déroulaient en une journée, tous les quatre ans, au mois d’août ! A partir de la 25ème édition et avec l’ajout des épreuves de courses de chars, la durée de l’événement augmenta d’une journée. Et devinez quoi ? A partir de la 37ème olympiade, des épreuves pour les enfants furent instaurées passant de deux à trois journées. Et enfin, à partir de la 77ème olympiade, une dernière journée est ajoutée pour permettre une meilleure organisation de ce rassemblement annuel.

Les JO comme événement diplomatique

Il faut savoir que les JO étaient un moyen de trêve entre les dissensions du pays. La Trêve Sacrée était le nom que l’on donnait à la suspension des hostilités entre belligérants avant, pendant et après les JO. Aujourd’hui aussi cet effet pacificateur est présent avec par exemple l’unification de la Corée du Nord et du Sud qui se sont présentées sous un même drapeau lors de l’ouverture des JO de 2018.

Vu qu’il n’y avait pas encore la télévision ni internet, une vraie organisation était mise en place avec un phénomène de publication et d’information de la Trêve et des JO. C’était les Spondofores, des officiers spéciaux qui tournaient dans toutes les cités grecques pour informer la population. Les habitants d’Elide se préparaient à accueillir une centaine d’athlètes, leurs escortes et les délégations officielles des cités grecques.

Mais qui dirigeaient toutes ces personnes et cette organisation ? Les personnes qui avaient l’autorité suprême sur les jeux étaient les Hellanodices. A l’origine, il n’y en avait qu’un qui avait un pouvoir héréditaire et qui était nommé à vie, on l’appelait l’arbitre. Avec le temps, le programme des jeux a été établi et pour la 108ème Olympiade, on en a élu dix pour chaque édition. Les Hellanocides sont devenus de vrais arbitres-organisateurs, faisant respecter les règles et punissant même les déviants. Les sanctions étaient des amendes ou des châtiments corporels ! Et oui, on est bien loin de tout cela aujourd’hui !

Un événement codifié

Mais bien sûr, les règles ne se sont pas construites du jour au lendemain. Il aura fallut deux siècles pour que le règlement des jeux soit codifié et inscrit sur des stèles à l’Agora d’Elis et dans le sanctuaire d’Olympie au VIe siècle avant Jésus Christ. Aujourd’hui, c’est le Comité International Olympique (CIO) qui confie l’organisation des jeux au Comité National Olympique (CNO) du pays de la ville hôte qui va constituer un comité d’organisation des Jeux Olympique. Les instructions sont issues du CIO.

Vous vous doutez bien que l’accès aux jeux était réservé à certaines personnes. En effet, seuls les hommes grecs nés libres de citoyens libres pouvaient se présenter. Cela pouvait s’expliquer par le partage de valeurs communes : ainsi, en tant que Grecs, religion, lois, coutumes, langue et idéaux leurs étaient communs, en tant que citoyen libre, la communauté dont ils étaient membres partageait l’idéal de l’homme libre qui exerce son corps pour devenir parfait, le fameux canon grec. De plus, une fois ces conditions remplies, les Hellanocides vérifiaient leur état physique. Ces derniers évaluaient aussi le caractère et les qualités morales des participants ! Étonnant non ? Pourtant, cela ne l’est pas tant que ça car leur caractère pouvait en dire long sur leur capacité à suivre les règles des JO.

Les participants, comme aujourd’hui, étaient inscrits par catégories en fonction de leur âge. Il y avait la catégorie enfant qui s’exerçait nue avec la supervision d’un pédagogue. Ce dernier veillait à leur entrainement et à leur éducation. Dans certains jeux, une catégorie pour les imberbes a été créée que l’on appelait éphèbes. Actuellement, c’est les règles du Comité International Olympique sur les conditions d’admission aux Jeux Olympique qui régit les participations des athlètes. Il est écrit que « les amateurs de toutes les nations » peuvent participer, son article 26 définit l’amateur comme « celui qui s’adonne et s’est toujours adonné à la pratique du sport par goût et par diversion sans tirer aucun profit matériel quel qu’il soit. ».

Avec l’arrivée de la médecine, des évolutions ont eu lieu sur l’accompagnement des athlètes lors des jeux. Il fallait donc trois types d’hommes pour s’occuper de l’éducation physique et de l’entrainement des athlètes ! Bien sûr, chacun avait sa spécialité : les gymnastes déterminaient les programmes d’entrainement, les plaidotrives supervisaient l’entrainement, et les aleiptes étaient les masseurs des athlètes. Et plein de reconnaissance pour leur travail, les athlètes vainqueurs demandaient d’ériger des statuts de ces hommes à côté des leurs.

J’espère ne pas vous avoir trop bombardé de noms barbares et de ne pas vous avoir perdus dans l’histoire. Je trouve intéressant l’évolution des jeux de leur création à aujourd’hui. Pourtant, nous sommes en droit de nous demander s’ils ont encore vocation à évoluer.

 

Source : musée des Jeux olympiques à Olympie en Grèce

Crédit photo : Margaux Courbon

1- Photo du musée des Jeux Olympique à Olympie en Grèce

2- Photo d’une copie en plâtre du Discobole Lancellotti, œuvre romaine en marbre reproduisant une statue classique de 450 avant Jésus Christ

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