Les plastiques à usage unique et leur impact sur la planète

Les plastiques à usage unique sont présents partout dans notre quotidien. Problème : la matière met énormément de temps à se décomposer et est également très toxique.

Le problème des micro-plastiques et l’île déchet

Moins de 30% des 25 000 tonnes de plastiques générées par an en Europe sont recyclables. Le problème du plastique est qu’il est en réalité très difficile à recycler, il peut mettre jusqu’à 450 ans avant de se décomposer dans la nature, et jusqu’à 20 ans pour se décomposer dans l’océan. Dans ce processus de décomposition, les objets en plastique laissent derrière eux une quantité incroyable de particules chimiques appelées « micro plastiques » et ce sont surtout elles qui posent un problème environnemental.

La densité du plastique est faible et sa valeur moindre. Lorsque différents types de plastiques sont fondus puis travaillés ensembles, il peut arriver que ceux-ci se séparent et se brisent. Le matériau qui en résulte est donc structurellement peu résistant, avec une très faible valeur commerciale.

Le pourcentage de plastique qui est totalement recyclable est bas, mais pour ralentir la frénésie de son utilisation les fabricants peuvent en utiliser moins ou même arrêter de mixer différents types de matériaux ensembles.

Le problème de la consommation abusive de plastiques comme des emballages par exemple est allé si loin que des îles de déchets se sont formées dans les océans. Une des plus grandes îles de déchets a été nommée « the Great Pacific Garbage Patch » ou, en français, «vortex de déchets du Pacifique nord ». Cette « île » se situe dans le nord de l’océan pacifique, entre le Japon et l’État d’Hawaii. C’est en majeure partie la surface de l’océan qui est affectée, mais les fonds marins n’y échappent pas non plus : environ 70% de la pollution visible finit dans le fond de l’océan et détruit donc la faune et la flore présente.

Le plastique est la première cause de pollution marine. Comme mentionné plus haut, celui-ci ne se décompose pas réellement. Il se « casse » en plusieurs morceaux microscopiques à cause des rayons du soleil: c’est ce qu’on appelle la photo-dégradation. Dans un simple mètre carré se trouvent environ 75 000 morceaux de micro-plastiques.

L’effet du micro-plastique sur la vie maritime

Sans surprise, la pollution menace la vie maritime. Les animaux marins sont les premiers à être touchés: certains identifient les sacs plastiques comme des méduses et meurent par suffocation en les mangeant ou en se coinçant dans d’anciens filets de pêche.

De plus, les couches de plastique à la surface des mers et des océans bloquent l’entrée des rayons du soleil dans l’océan, ce qui empêche le plancton et les algues de se développer. L’abondance de ces deux sources de nourriture doit rester importante car si elles viennent à disparaître, ce ne sont pas seulement les poissons et les tortues qui risquent de périr, mais aussi le reste de la chaîne alimentaire.

L’ultimatum de l’Union européenne

Le 24 octobre 2018 le Parlement européen a signé la mise en place d’une interdiction contre l’usage de certains plastiques à usage unique. Cette interdiction a été votée afin de contrer le désastre environnemental qui est en cours. Elle doit également permettre d’économiser plus de 25 milliards d’euros par an de nettoyage de l’environnement. Le vote a été étonnamment positif malgré les lobbys massifs d’industrie du plastique.

À compter de cette date, les États européens ont moins de 18 mois pour mettre en place l’interdiction et respecter les objectifs de la directive. Elle interdit notamment certains objets en plastique sur le territoire européen, comme les sacs plastiques et les emballages alimentaires de la même matière. Ce sont ces plastiques là qui atterrissent en grande majorité dans les océans et en forment la pollution.

Les produits qui ne ne possèdent pas d’alternatives vont être réduits de 25% d’ici 2025. Les bouteilles en plastique, elles, devraient être recyclées à hauteur de également 90%. Cette directive européenne répond à une urgence : si notre consommation mondiale reste inchangée, il y aura plus de plastique dans les océans et les mers que de poissons en l’an 2025.

Les autres solutions

D’autres mesures existent au niveau national, comme en France par exemple. C’est en effet grâce à un décret voté en 2016 allant en faveur de la limitation d’utilisation d’objets à usage unique qu’une loi de transition énergétique a prévu l’interdiction des gobelets, verres et assiettes jetables en plastique à partir du premier janvier 2020. De telles mesures existent aussi dans d’autres pays ou villes à travers le monde, comme à Taiwan où l’Agence EcoWatch a présenté un programme de protection de l’environnement qui a débuté en 2019. Ce programme vise tout d’abord à interdire les pailles en plastiques dans un premier temps, et dans un second temps une taxe sera mise en place en 2025 sur l’utilisation de ces pailles mais aussi des sacs en plastiques et des couverts. L’objectif du programme est de remplacer tous les objets à usage unique d’ici 2030 par des objets réutilisables ou biodégradables.

De nombreux fabricants et grandes enseignes prennent aussi les choses en main en réduisant leur utilisation de plastique et en encourageant leurs clients à utiliser leurs propres contenants pour faire leurs courses. L’enseigne de grande distribution Carrefour a notamment lancé une campagne de zéro emballage en plastique pour ses produits bio pendant un mois. Avec les retours plus que positifs des consommateurs, l’enseigne s’est engagé à remplacer tous les emballages par des articles recyclables, réutilisables ou compostables d’ici 2025 pour sa propre marque.

De nombreuses alternatives commencent à se développer pour remplacer le plastique. Elles se veulent abordables, à l’exemple des pailles en métal ou en bambou, qu’on peut trouver dans des initiatives locales comme à Strasbourg, en France. Le plastique n’est pas indispensable, les nouveaux produits qui arrivent sur le marché pourraient être la solution de demain.

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