L’homéopathie est elle une médecine efficace ?

Au cœur d’un débat qu’il serait possible de qualifier d’éternel, l’homéopathie est loin de faire l’unanimité. Elle provoque des débats au sein des professionnels de santé, mais également des patients qui ont parfois une approche surprenante du sujet.

Les origines

Il y a plus de deux siècles, en 1796 en Allemagne, le docteur Samuel Hahnemann jetait les bases de l’homéopathie. La médecine qu’on lui avait enseignée et qu’il pratiquait sans enthousiasme le décevait chaque jour davantage. Trop d’empirisme, pas assez de résultats.

C’est lors de la traduction d’un livre du médecin écossait Cullen qu’il initia l’étude de l’homéopathie. Suite à des essais sur lui-même, Hahnemann découvrit que le quinquina, plante très utilisée à cette époque, pouvait, selon la dose utilisée, soigner certaines fièvres, ou les provoquer. Autrement dit, ce qui peut rendre malade à forte dose peut guérir à faible dose. Hahnemann venait de trouver le premier principe de sa nouvelle thérapeutique : la loi des similitudes.

Les 5 grands principes

L’homéopathie est basée sur cinq grands principes. Il s’agit de la loi des similitudes expliquée précédemment, mais aussi des principes de globalité, de constitution minérale, de terrain et enfin de dilution et dynamisation.

La médecine allopathique est devenue une médecine très segmentée avec des spécificités pour chaque zone du corps à traiter. A l’inverse, la médecine homéopathique ne peut vous soigner si l’on ne tient pas compte de la totalité des symptômes, qu’ils soient aussi bien physiques que mentaux. C’est le principe de globalité.

Les autres principes sont notamment basés sur la physionomie afin de définir la constitution minérale (types carbonique, phosphorique et fluorique) ou sur le code génétique et le mode de vie et d’environnement des personnes. Le but est de définir les terrains (psorique, tuberculinique sycotique et luétique).

Enfin, le principe de dilution est sans doute l’argument le plus souvent utilisé par les détracteurs de cette médecine alternative. En effet, pour préparer un médicament homéopathique, le laboratoire fabricant part d’une souche mère sous forme liquide depuis laquelle une goutte est prélevée. Elle est ensuite diluée plusieurs fois dans des flacons successifs, ou dans le même flacon lors de dilution korsakovienne(K) du nom d’un homéopathe Russe.

Un débat passionné

Bien que cette médecine soit reconnue, celle-ci fait l’objet de débats. Ses détracteurs lui reprochent de n’être que très peu concentrée en souche mère. En revanche, ses partisans voient en elle une médecine efficace, tout en étant plus douce que la médecine allopathique.

Cependant, ce débat n’est pas limité aux seuls professionnels de santé que sont les médecins, pharmaciens ou infirmiers. Il s’étend également aux patients du fait que ces produits soient en accès libre en Europe.

Le fait que les médicaments homéopathiques soient aujourd’hui soumis à une autorisation de mise sur le marché comme tout autre médicament est de nature à rassurer les patients. Cependant, les règles sont beaucoup moins contraignantes, ce qui en fait un argument de poids pour les détracteurs de cette médecine. La procédure simplifiée est une grande différence entre un médicament allopathique et un médicament homéopathique.

En effet, lors de la demande d’autorisation de mise sur le marché, le fabricant doit seulement apporter la preuve que le produit n’est pas dangereux pour la santé (innocuité). Il ne doit en revanche pas apporter la preuve de l’efficacité de son produit, comme cela est le cas lors d’une demande d’autorisation de mise sur le marché formulée pour un médicament allopathique.

Quel avenir pour l’homéopathie?

Le débat reste très vif sur le sujet de l’homéopathie. L’annonce faite par la ministre française de la santé du déremboursement de l’homéopathie à partir de 2021 ne fait qu’alimenter le débat autour de cette médecine et ne donne qu’un argument de plus aux personnes sceptiques quant à l’efficacité de celle-ci.

Vous aimerez aussi