Crédit Émilie Porée.

« Look At Her » : l’experte

Dans le cadre du projet « Look At Her », Émilie Porée parcourt l’Asie du Sud-Est à la rencontre de femmes de tout horizon afin de dresser leur portrait. À Vientiane, capitale du Laos, elle a échangé avec la docteure Soulany Chansy sur son lieu de travail, la Croix-Rouge laotienne.

Soulany a 51 ans. Elle a étudié pendant sept ans à Bakou, en Azerbaïdjan, pour obtenir son diplôme de médecine. Rapidement, elle a obtenu le poste de docteure à la Croix-Rouge laotienne à Vientiane. Souhaitant élargir ses compétences, elle a acquis en 1997 le certificat « Management de la recherche des perspectives nationales et internationales du VIH ». La docteure est devenue une spécialiste du virus VIH et du sida.

Elle a aussi continué à se former sur des thèmes plus généralistes, comme le développement de projet, la communication et le leadership. Elle suit également de près toutes les actualités concernant la Croix-Rouge et ses différents réseaux partout dans le monde. Soulany s’est progressivement éloignée de son cabinet médical pour s’orienter vers la recherche et la mise en place de projets autour du sida. Elle a rejoint en tant qu’assistante le projet « VIH/AIDS Project in Laos » en 1999 et en est devenue la manager un an plus tard. Le projet s’articule autour de quatre axes principaux.

Prévenir, informer, traiter, accompagner

« D’abord, explique-t-elle, mon équipe et moi axons notre travail sur la prévention du virus afin de minimiser le nombre de malades ». Après avoir suivi une formation sur la prévention à Tokyo, elle est allée dans un quartier de la ville pour rencontrer des prostituées. « Notre objectif est de protéger leur vie, pas de leur faire la morale. Nous leur donnons des conseils pratiques et organisons des ateliers concrets, afin qu’elles aient toutes les informations possibles sur le virus ».

La deuxième partie du projet est le développement d’un programme anti-stigmatisation et anti-discrimination dans les villages laotiens. Dans beaucoup d’entre eux, le virus est mal connu et les personnes atteintes sont mises à l’écart de la société.

La troisième partie concerne le traitement. « On oriente les personnes atteintes vers des professionnels dans les cliniques et hôpitaux aux alentours selon le diagnostic ».

La quatrième, dernière, phase du projet consiste à « apprendre aux personnes atteintes du virus ainsi qu’à leur entourage à accepter la situation et à adopter les bons réflexes dans leur quotidien ».

Un emploi du temps chargé

La docteure et ses équipes se répartissent le travail en plusieurs activités. Certains membres du projet vont sur le terrain pour comprendre l’état de la situation et son évolution, afin d’établir des statistiques. À partir de ces données, d’autres membres créent des ateliers de prévention, de sensibilisation et de non-stigmatisation. Ils vont dans les villages laotiens les plus touchés par le virus et établissent le contact grâce à ces ateliers. Se rendre aux conférences internationales, afin d’expliquer le projet et montrer les avancées et résultats obtenus, est aussi une activité importante. Soulany souligne qu’il « est aussi nécessaire de lier des partenariats avec les ONG et les entreprises ». Cela permet de gagner en visibilité et récolter des fonds pour financer le projet.

Soulany travaille de projet en projet, tous liés à différents aspects du VIH. Entre ses recherches, leur mise en application, ses conférences internationales et son rôle de manager, Soulany a un emploi du temps chargé. Son CV détaillé, lui, est long de douze pages !

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