Crédit Émilie Porée.

« Look At Her » : la passionnée

Dans le cadre du projet « Look At Her », Émilie Porée parcourt l’Asie du Sud-est à la rencontre de femmes de tout horizon afin de dresser leur portrait. À Luang Prabangu au Laos, elle s’est intéressée à Thongkhoun, professeure de yoga et, surtout, chargée de développement dans un musée.

Thongkhoun est née au Laos, ici à Luang Prabang, l’une des grandes villes du pays. Elle y a grandi et fait ses études. Elle dit avoir toujours été passionnée par la variété de choses que l’on peut faire avec ses dix doigts. Thongkhoun s’est ainsi tournée vers une filière d’arts. Elle est devenue professeur rapidement et apprenait aux enfants dans les écoles à travailler avec leurs mains pour produire tous types d’objets. Une manière de stimuler leur créativité.

Aujourd’hui, Thongkhoun travaille en tant que « handicraft developper » – chargée de développement de l’artisanat – pour le Centre des arts traditionnels et des ethnies de Luang Prabang. La jeune femme a créé des ateliers pour apprendre aux habitants du Laos à tisser manuellement. Son public est essentiellement constitué de femmes, de tout âge, qui viennent de différents villages. Elles font parfois jusqu’à 24 heures de trajet pour arriver à Luang Prabang. « Au début, nous avions le budget pour animer des ateliers avec quatre personnes », explique Thongkhoun. « De fil en aiguille, le cours a pris de l’ampleur et il compte aujourd’hui dix participants ». Elle dit enseigner avec « bonheur » et « passion ». Pour elle, ce n’est pas un métier comme les autres, parce qu’il contribue à « maintenir les cultures locales et traditionnelles ».

Faire exister la culture locale

Les tissus brodés sont « vendus afin d’apporter de l’argent aux villages. C’est la femme qui le fabrique qui en détermine son prix ». Thongkhoun a bien conscience que le monde actuel est en perpétuel changement. Elle considère son métier comme un challenge permanent, qui vise à faire exister sa culture locale à travers des pièces de tissus qui s’inspirent de tendances mondiales.

Thongkhoun a beaucoup voyagé dans les villages de son pays afin de transmettre son savoir-faire. L’an dernier, elle s’est rendue à Washington pour la conférence annuelle de l’Alliance américaine des musées. Celle-ci vise à promouvoir les cultures des pays du monde entier.

Thongkhoun se dit amoureuse du Laos, ses villages, ses habitants, ainsi que de toutes ses traditions. Elle est fière de valoriser la culture laotienne par son métier et n’en changerait « pour rien au monde ».

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