Nouvelle-Zélande : un rapport alarmant sur la biodiversité locale

Il est très en vogue aujourd’hui de voyager en Nouvelle-Zélande à la conquête d’une nature vierge et préservée. Pourtant, le Ministère de l’Environnement néo-zélandais révèle, dans le rapport 2019 du programme Aotearoa (qui signifie « Nouvelle-Zélande » en māori), l’état inquiétant de la biodiversité sur ces îles. Après seulement 800 ans d’occupation humaine, le pays peine à ralentir la disparition massive de sa faune et sa flore. Mais tout n’est pas perdu d’après les scientifiques néo-zélandais.

Alors que l’on s’apprête à ressortir les vêtements chauds d’hiver en France, l’été arrive en Nouvelle-Zélande. Qui dit été, dit touristes, dont de nombreux français en quête de paysages à couper le souffle. Mais la situation environnementale s’avère préoccupante au pays du Long Nuage Blanc. En effet, le bilan dressé par le rapport du Ministère de l’Environnement dépeint un tableau bien éloigné de l’image d’une nature intacte vendue aux visiteurs. 75 espèces se sont éteintes depuis l’arrivée des premiers êtres humains il y a 800 ans. 4 000 autres espèces sont actuellement en voie d’extinction. Les deux tiers des forêts endémiques ont disparu. Le taux de pollution de l’eau douce reste excessivement élevé. La liste ne fait que s’allonger. Contre toute attente, la Nouvelle-Zélande fait partie des territoires au bilan écologique parmi les plus alarmants de la planète.

Deux causes principales à ce bilan

En comparaison au reste du monde, la Nouvelle-Zélande représente une nation relativement jeune. Toutefois, l’impact de l’installation humaine sur la nature se fait déjà fortement sentir. Une première explication à ce phénomène est l’introduction d’espèces invasives dès l’arrivée des premiers Maoris, une population en provenance de Polynésie, considérés comme les autochtones néo-zélandais. Ces derniers apportèrent avec eux divers rongeurs polynésiens, animaux à l’origine de la première vague d’extinction du vivant sur les îles. Du fait de son isolement géographique, la Nouvelle-Zélande abrite une faune et une flore unique au monde. Mais, l’éloignement ainsi que le fragile équilibre entre les différentes espèces rendent tout cet écosystème particulièrement vulnérable. Les rats et autres mammifères nuisibles, toujours présents depuis leur importation, font figure de véritable fléau que le gouvernement souhaite parvenir à éradiquer d’ici trente ans grâce au plan « Predator Free New-Zealand 2050 ».

La seconde explication, beaucoup plus tardive que la première, se trouve dans la mise en place de l’agriculture intensive et l’exploitation des ressources naturelles. Pour Kevin Hague, ex-député écologiste néo-zélandais et actuel directeur de l’ONG Forest and Bird, il s’agit du « résultat de décennies de procrastination et de déni ». Par exemple, au cours des vingt dernières années, la production laitière a explosé dans le pays, faisant de la Nouvelle-Zélande le premier exportateur de lait au monde. Entre l’exploitation forestière et l’industrie de la viande, les parcelles agricoles occupent aujourd’hui plus de la moitié des terres néo-zélandaises. Avant l’arrivée des êtres humains, les forêts recouvraient environ 80% du territoire, contre 25% de nos jours. La conversion des espaces naturels en pâturages a, ainsi, provoqué une réduction drastique de la végétation endémique (comme les étonnantes mégaherbes ou les célèbres arbres de Noël), mais aussi une forte pollution des sols et eaux souterraines.

Un avenir potentiellement meilleur

Face à tous ces constats, des chercheurs locaux ont tenté d’imaginer à quoi pourrait ressembler la Nouvelle-Zélande en 2050 dans la revue scientifique Ecological Management and Restoration. Leurs prévisions sont plutôt optimistes : ils visualisent un écosystème régénéré qui unit les néo-zélandais autour d’une identité commune fondée sur les valeurs des Maoris. A l’instar de nombreux peuples indigènes à travers le monde, le mode de vie des Maoris s’établit en corrélation avec les lois de « Papatuanuku », la Terre Mère. En Nouvelle-Zélande, construire une culture de la protection de l’environnement constitue un réel défi puisque près de 30% de la population n’est pas née sur le territoire. Malgré tout, des initiatives émergent. Grâce au travail de l’ONG Trees That Count, dès 2016, 24 millions d’arbres ont pu être replantés sur l’ensemble du Long Nuage Blanc. Les études de la communauté scientifique laissent donc présager un futur moins sombre qu’il n’y paraît. Selon un proverbe maori, « quand l’eau et la terre seront entretenus, alors le peuple sera prospère ». Espérons que les néo-zélandais sauront écouter la sagesse de leurs ancêtres.

 

Les ravages de la déforestation en Nouvelle-Zélande

 

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