Une jeune femme tient un drapeau où l'on peut lire "Hong Kong"

Paris : un rassemblement en solidarité avec Hong Kong

Une centaine de personnes se sont réunies samedi 28 septembre à Paris en soutien au mouvement pro-démocratie qui agite Hong Kong depuis le 4 juin dernier.

Ils sont issus de syndicats étudiants, d’associations ou viennent simplement afficher leur soutien. Parmi eux, de nombreux étudiants, majoritairement français, chinois ou originaires de Hong Kong. Ils portent des masques noirs, symbole du mouvement, né en réaction au projet de loi d’extradition annoncé au printemps dernier par Carrie Lam, cheffe de l’exécutif hongkongais.

Même si le projet de loi devrait bientôt être formellement retiré, la colère n’est pas retombée et la région chinoise continue d’être le théâtre de violents affrontements entre les manifestants et la police. Mercredi dernier, au lendemain d’un rassemblement où un jeune homme de 18 ans avait été visé à bout portant par un policier, les hôpitaux ont admis 70 personnes, rapporte Le Monde.

Les étudiants se mobilisent

Jeanne*, 32 ans, est une étudiante chinoise, vivant à Paris depuis 10 ans. Pour la jeune femme, il est important de soutenir les Hongkongais dans une cause commune : « On est unis dans le même combat : se révolter contre la tyrannie de la Chine. »

La Chine s’était pourtant engagée à garantir jusqu’en 2047 l’autonomie de Hong Kong, sur la base “d’un pays, deux systèmes”. Jeanne souligne également que « le combat d’aujourd’hui n’est pas seulement pour les Hongkongais, c’est pour tous les peuples sous la tyrannie d’un gouvernement ».

Chan, un surnom qu’elle donne par peur de représailles, a également répondu à l’appel. Elle fait partie du Comité pour la Liberté à Hong Kong, à l’origine du rassemblement. « C’est la seule chose que nous puissions faire. Attirer l’attention des étrangers. » explique-elle en distribuant des tracts avec l’hymne des manifestants “Que la gloire soit à Hong Kong”, que certains de ses concitoyens n’hésitent pas à entonner.

Gloria et Carmen ont 30 ans, étudient à Paris III et viennent toutes deux de l’ancienne colonie britannique. Elles ne s’en cachent pas : elles préféreraient être dans les rues de Hong Kong pour soutenir le mouvement démocratique. Lorsqu’on leur demande leur réaction si la loi d’extradition avait finalement été votée, Carmen est catégorique : « Je quitterai Hong Kong. Je ne peux pas vivre dans une dictature. » Au-delà du projet de loi a priori avorté, il s’agit désormais pour les étudiants présents de dénoncer l’impunité dont bénéficient les forces de l’ordre. De nombreux blessés, ainsi que des suicides, sont à déplorer depuis le début du mouvement.

Un rassemblement hétérogène

De nombreux français étaient également présents. Pour eux, il s’agit surtout d’être solidaires. André, un retraité de 64 ans, est venu avec son fils : « On n’est pas beaucoup. A Hongkong, il faut qu’ils sachent qu’il y a des gens qui s’intéressent, qu’ils ne sont pas seuls. »

Tous déplorent l’inaction de l’État français, à l’image de Stéphane Enjalran, secrétaire national du syndicat Solidaires. Entre « criminalisation des mouvements sociaux » et « répression systématique », il n’hésite pas à faire le parallèle entre « les méthodes de gestion et de dénigrement » du régime chinois et celles du gouvernement français.

De nouveaux affrontements ont eu lieu dimanche où des dizaines de milliers de manifestants ont bravé la toute nouvelle interdiction de porter un masque, adoptée vendredi. Carrie Lam s’est expliquée lors d’une conférence de presse : « Il s’agit avant tout d’interrompre le cycle de violence, il ne s’agit pas de déclarer un état d’urgence ». Pas sûr que cette mesure fasse consensus parmi les manifestants, alors qu’Ip Kwok-him, un membre du conseil exécutif et député pro-Pékin, déclarait lundi à l’AFP que « le gouvernement n’exclura pas la possibilité d’interdire Internet. »

*Les prénoms ont été modifiés par souci d’anonymat.

Article co-écrit par Clara Bauer-Babef et Mathieu Pollet
Photo en bannière : Clara Bauer-Babef

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