Image d'illustration. Crédit : Peripitus (licence Creative Commons)

La sécheresse et la famine s’invitent au Swaziland

Le Swaziland traverse actuellement une sécheresse sans précédent, conséquence du phénomène El Niño le plus virulent des 50 dernières années. El Niño a frappé fort et ses répercussions sont conséquentes : des inondations irréversibles en Amérique latine et une grave sécheresse en Afrique centrale et orientale. La vulnérabilité de certains pays de la région tel le Swaziland les ont obligés à imposer des rationnements d’eau à leurs populations. Alors que « faire la danse de la pluie » est une fable pour la majorité des habitants de cette planète, c’est une réalité pour les Swazis.

Le Swaziland, l’un des plus petits du continent africain, compte quatre saisons. Les Swazis vantent leurs hivers secs qui s’étendent de mars à août, tout comme ils apprécient leurs étés rythmés à la cadence des orages diluviens. Ce Royaume a aussi la particularité d’avoir quatre régions climatiques : les plateaux de Highveld, Middleveld, Lowveld et Lubombo. Mis à part leur altitude divergente, ces régions ont comme particularité que plus elles sont situées à l’est du pays, moins il y pleut.

Cette année, exceptionnellement, même l’ouest du Royaume a été privé de sa pluviosité habituelle. C’est la seconde année d’affilée que le pays souffre du trop peu de pluie durant la saison des récoltes, la quantité de pluie enregistrée en 2016 est la plus basse des 35 dernières années. La principale conséquence est la sécheresse, qui entraîne la famine.

UN PHÉNOMÈNE MÉTÉOROLOGIQUE RÉCURRENT

Personne n’est responsable de ce fléau qui a plongé le Swaziland dans une situation de risque extrême. El Niño est un phénomène récurrent qui survient tous les deux à sept ans en décembre et dure entre neuf mois et deux ans. El Niño, « l’enfant » en espagnol, porte d’ailleurs ce nom car pour les Latino-Américains, peuple très croyant, il était lié à la naissance de l’enfant Jésus, le jour de Noël.

L’explication scientifique est que ce phénomène est la conséquence directe de fluctuations de la température entre l’océan et l’atmosphère dans le Pacifique équatorial. Quand les alizées, vents réguliers des régions intertropicales, changent de direction ou diminuent, les vents en provenance de l’ouest poussent la surface chaude de l’eau vers l’Amérique du Sud. Par conséquent, moins d’eaux froides émergent des profondeurs marines.

La dualité du phénomène fait qu’il touche toute la planète. Donc, si El Niño est le résultat d’une réchauffement ponctuel de la surface de l’océan de par le Pacifique équatorial, l’Afrique centrale et orientale souffre de sécheresse alors que le cône Sud, lui, souffre d’inondations.

AGRICULTURE AFFAIBLIE ET FAMINE

Les dures conditions climatiques en Afrique du Sud ont eu des conséquences désastreuses pour l’agriculture locale ayant un impact sur l’économie régionale et alarmant les gouvernements et les organisations internationales qui se font du souci pour la sécurité alimentaire. L’an passé déjà, le Swaziland avait été témoin d’un retard de la saison des pluies de 30 à 60 jours. Les pronostics pour le retard de cette année ne sont guère optimistes.

De tels retards mènent à de piètres conditions pour le développement primaire des cultures, des décalages dans la plantation des cultures suivantes, voire même une impossibilité de planter. Une perte de récoltes semble inévitable. Il est prédit que la récolte de maïs, la denrée la plus répandue dans le pays, va chuter de 64 % en comparaison à la récolte de l’an passé. Elle-même était déjà 31 % inférieure à celle de l’année 2013-2014.

Le coût humain d’El Niño est déjà conséquent. Actuellement, 25 % des Swazis font face à des conditions de pénurie alimentaire et l’on peut s’attendre à ce que ce nombre augmente. Le Swaziland Vulnerability Assessment envisage le pire : devoir fournir de l’aide à la moitié de la population soit environ 538 000 personnes. En d’autres termes, la famine progresse au Swaziland.

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