Avec le Su-57, avion de combat de 5e génération lancé en 2002 par le constructeur russe Sukhoï, Moscou entend montrer qu’elle peut être une alternative non-occidentale au F-35 américain.

Lancé en 2002, le Su-57 a effectué son premier vol le 29 janvier 2010. Depuis, 76 d’entre eux ont déjà été commandés par les forces Aérospatiales russes. Promis à l’export, et ayant déjà suscité un certain intérêt à l’étranger, le Su-57 se rêve en compétiteur non-occidental solide face au F-35 américain. Le pari est-il tenu ?

Malgré une mise en route chaotique, le nouvel appareil dévoile des caractéristiques techniques séduisantes. En effet, la production a été ralentie par la chute de l’URSS, entraînant un manque de fonds, mais aussi par la défection de l’Inde, initialement partie au projet. Enfin, le crash d’un avion en décembre dernier en raison d’une défaillance technique a quelque peu retardé la production massive de l’appareil.

Su-57

Crédits : Andreas B (flickr) 

Un challenger en apparence crédible

Le Su-57 est un avion de combat de 5e génération, le premier développé par la Russie. Il s’agit donc d’un appareil performant à la fois furtif, aérodynamique et doté d’une intelligence artificielle. Mais Moscou semble se démarquer par l’intégration de technologies de 6e génération. En effet, l’introduction d’un mode « sans pilote » (unmanned pilot mode) permettrait à l’appareil d’effectuer des missions autonomes. Mais cela lui permettrait aussi et surtout de supporter un facteur de charge bien plus élevé : 15 G contre 9 G avec pilote. Autre avantage de taille : la vitesse de l’avion. Il supplante le Rafale et le F-35 occidentaux, avec une pointe à 2 600 km/h, une vitesse ascensionnelle de 21 000 m/minute et un champ d’action de 1 750 à 1 800 km.

Pourtant, malgré des promesses enthousiasmantes, des questions se posent encore sur les capacités réelles de cet avion de combat. Certes, la vitesse de l’appareil, son autonomie ou sa manœuvrabilité sont des atouts de taille. Mais pourtant, d’après certains experts, le F-35 demeure plus polyvalent, car dès l’origine destiné à une production bien plus importante. Par ailleurs, quatre ans avant son retrait du projet en avril 2018, l’Inde relevait d’après Business Standard, des « défauts en termes de performance et autres caractéristiques techniques », portant principalement ses inquiétudes sur la furtivité de l’avion de chasse. 

Ainsi, tout pousse à croire qu’en dépit d’avantages techniques remarquables, le Su-57 reste un avion taillé pour un combat aérien rapproché (dogfight). Or, ce type de combat est largement dépassé aujourd’hui.

Un appareil attractif à l’étranger

Paradoxalement, le succès de l’appareil à l’étranger conditionne en majeure partie le futur du Su-57, dont son acquisition… par la Russie. En effet, si Moscou parvient à exporter massivement son avion de combat à l’étranger, alors elle pourra, grâce aux importantes retombées économiques, s’en procurer davantage.

Plusieurs pays, tels que la Chine et la Turquie, ont d’ores et déjà montré un intérêt pour l’appareil russe, dont la version destinée à l’export, le Su-57E, diffère quelque peu de la version originale. Pékin, bien que disposant déjà de J-20, pourrait notamment utiliser le Su-57 pour améliorer la technologie et le design de ses propres avions. Quant à la Turquie, ayant récemment acquis des « S-400 anti-air » russes, elle a été écartée par les États-Unis du « deal de développement » du F-35. Cela permet à la Russie de saisir l’occasion pour proposer ses Su-57.

Même si le Su-57 représente déjà une belle vitrine des capacités de l’ingénierie aéronautique russe, Moscou n’entend pas s’y arrêter. En effet, le constructeur MiG a récemment fait savoir qu’il travaillait sur son successeur : le MiG-41, un avion qui, comme le rapporte Capital, serait « capable d’effectuer des missions dans l’espace » et « arrêter des missiles supersoniques ». Plan sur la comète ou projet crédible ?

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