TGV Turin-Lyon : quel futur pour le couloir méditerranéen ?

Ces dernières semaines, au sein du gouvernement italien, les discussions autour du projet de ligne TGV Turin-Lyon étaient animées. En cause : les travaux seraient trop coûteux par rapport aux bénéfices qu’on pourrait en tirer.

Le projet du couloir méditerranéen

Le couloir méditerranéen est un ambitieux projet visant à relier l’Est de l’Europe à l’Ouest par un gigantesque réseau d’infrastructures impliquant plusieurs États, de la Hongrie à l’Espagne. Le projet, conçu en 2010 et supporté par des fonds européens, s’est depuis développé par accords entre les pays concernés. En particulier, le plan prévoit une partie française, une partie franco-italienne, entre Saint-Jean-de-Maurienne et Chiusa San Michele, et une dernière partie italienne.

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Les problèmes de la ligne

Le projet de ligne TAV Turin-Lyon (treno ad alta velocità – train grande vitesse) avait été annoncé en 2011 puis ratifiée par la France et l’Italie en 2013 et 2014. Dès le début est né un mouvement anti-TAV, qui a cherché à empêcher les travaux dans le Val de Suse (partie franco-italienne) en dénonçant son impact sur l’environnement et son inutilité étant donné la récente modernisation de la voie du Fréjus. Le mouvement No-TAV était supporté par le mouvement politique d’opposition le Mouvement 5 étoiles, et il ne semble pas avoir l’intention d’abandonner le champ de bataille.

La question politique et l’accord

Le texte complet du rapport, disponible à cette adresse : https://www.ansa.it/documents/1549971571980_tav1.pdf).

Le Mouvement 5 étoiles est actuellement parvenu au gouvernement, avec un autre partie, la Ligue du Nord (extrême-droite), qui, pour sa part, est favorable à la réalisation de la ligne TAV. La nécessité de trouver un accord pour donner l’habilitation à la compagnie responsable des travaux (Telt) avant le onze mars avait conduit à la réalisation d’une analyse coûts-avantages, soulignant que le projet n’aurait pas procuré de véritables bénéfices avant 2030, avec une perte de sept milliards d’euros. Cette étude n’avait toutefois eu les résultats escomptés, parce que ni les partisans du no-TAV, ni ceux de la construction n’avaient changé de position

En février 2019, le président du Conseil des ministres italiens, Giuseppe Conte, a demandé une réévaluation du projet, en tenant compte du circuit total et non plus seulement du tronçon Turin-Lyon. Résultat : le coût-bénéfices change, les pertes sont réduites de moitié.

Les deux parties ont donc décidé de rediscuter du projet après les élections européennes de mai 2019 en invoquant une clause du Code français des marchés publics permettant l’annulation des avis de marché si l’intérêt public n’est plus constaté.

La position de l’Italie dans le projet

Clairement, cette discussion ne sera pas un obstacle trop sérieux au développement du réseau ferroviaire infrastructurel, étant donné qu’une ligne à grande vitesse existe déjà entre Turin et Lyon. Mais si le projet est bloqué, cela pourrait porter un nouveau coup à l’image de l’Italie sur la scène européenne.

Le couloir méditerranéen est aujourd’hui bien développé, la majeur partie des tronçons étant déjà livrés, en France, en Espagne et en Italie. L’achèvement des travaux est prévu au plus tard en 2030, avec la livraison des tracés Turin-Lyon et Divaca - Ljubljana - Zagreb (Croatie) – Budapest (Hongrie).


Pour aller plus loin :

Le projet complet: http://www.transalpine.com/sites/default/files/document2015/documentation/plaquette_corridor_ok_11-07-16.pdf

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