Venezuela-Iran: Échange amical ou provocation internationale?

Dimanche 24 mai, un bateau pétrolier de provenance iranienne arrive sur les côtes du Venezuela. Une grande aide de la part du président de l’Iran dont la Maison-Blanche n’est pas si ravie. Ces deux pays font parti des sanctionnés par Washington. Certains le prennent comme une menace ou une provocation, d’autres comme un signe altruiste, mais, quel est le réel intérêt de cet échange?

El Fortune, le premier des cinq pétroliers si attendus par le président du pays, Nicolás Maduro, est arrivé dimanche, 24 mai, à environ 19h40 heure locale (01h40 en France). Cette flotte transporte environ 1,53 millions de bidons de combustible selon les deux gouvernements. Une bonne nouvelle pour le Venezuela qui traverse une importante crise économique, aggravée depuis le début de la quarantaine, le 17 mars. Ce sentiment n’est pas partagé dans le pays voisin. L’administration des États-Unis surveille de près cet échange entre les deux pays sanctionnés. Aucune mesure n’a été prise à ce jour par ceux-ci, mais ils ont étendu leur présence navale dans les Caraïbes. Selon un porte-parole lié au Pentagone ce n’est seulement une extension de l’opération anti-drogues. Le président iranien, Hassan Rohani est méfiant et prévient que si les États-Unis interviennent dans l’un de ces envois, ils subiront des conséquences.

Il y a une grande division publique sur cet échange. L’opposition du président Nicolás Maduro se méfie de cette affaire. Sur Twitter, elle se fait entendre. Juan Guaidó, président de l’Assemblée nationale partage sa préoccupation par rapport à la présence iranienne dans le pays avec le président de la Colombie, Iván Duque.

Échange Venezuela-Iran: Pourquoi autant d’inquiétude?

La crainte principale est l’implication des États-Unis d’Amérique. Celle-ci a imposée des sanctions aux deux pays. La crise du Venezuela est survenue en partie à cause de cette sanction. Le gouvernement nord-américain l’a dictée pour éjecter au plus vite possible, le président Nicolás Maduro. Cette mesure affecte notamment la production de pétrole en bloquant près de 7.000 millions de dollars actifs de CISCO, partie des entreprises pétrolières du Venezuela S.A. Ceci a augmenté le prix du carburant et actuellement les Vénézuéliens doivent attendre des heures pour avoir accès à seulement quelques litres d’essence.

L’opposition est contre cette aide. Selon les sources de l’agence Bloomberg (presse), les récents vols de la compagnie aérienne perse, Mahan Air jusqu’à Caracas, Venezuela, avait comme objectif d’aider à l’extraction des métaux pour payer l’essence. Juan Guaidó disait dans une téléconférence mercredi 20 mai  “Vous êtes en train de payer cette essence avec de l’or et le sang qui proviennent du sud du Venezuela sans l’approbation du Parlement”.

Des mots forts envers lesquels la moitié de la population exprime son accord sur les réseaux. Une autre préoccupation est l’augmentation de prix de l’essence une fois dans le pays. Ces tensions se font ressentir à l’international. Cependant, le président Nicolás Maduro exprime sa gratitude envers l’Iran publiquement et qualifie les États-Unis d’Amérique comme un “empire suprémaciste”.

Malgré les nombreuses oppositions cet échange a bien lieu. Le restant de la flotte continue son chemin. En attendant une réponse de la part du gouvernement nord-américain, l’Iran et le Venezuela restent sur leurs gardes.

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