À Saint Gilles, l’Union fait la fête

Parmi les 19 communes que compte Bruxelles, St Gilles fait parti des plus agréables à vivre que compte la capitale belge. Outre sa verdure et son architecture, la ville compte un club de foot, l’Union Saint Gilloise. Si le club évolue actuellement en division 1B –l’équivalent de la Ligue 2 en France-, il n’en reste pas moins le troisième club de Belgique le plus titré. Assister à un match de l’Union relève plus d’une soirée karaoké qu’une rencontre de football. Le Journal International s’est rendu au stade du Heyzel, antre temporaire de l’USG cette saison, à l’occasion du match contre le Cercle Bruges.

Un passé qui passe

Pour les personnes qui s’intéressent un temps soit peu au championnat belge, Anderlecht, le FC Bruges ou le Standard de Liège sont des noms « qui parlent ». Derrières ces mastodontes nationaux qui trustent les coupes et championnats nationaux depuis 1945, l’Union Saint Gilles fait pâle figure. L’enjeu n’est pas là, l’enjeu n’est plus là. Car l’USG c’était selon Patrick, supporter des jaunes et bleus, « le Anderlecht de la Belgique dans les années 1930. L’USG c’est 11 titres de champions et le record du nombre de matchs d’invincibilité -60-». Une série qui établie entre 1933 et 1935, qui lui vaut le surnom de « Union 60 ». « L’ennemis numéro un c’était le Racing White Daring Molenbeek » affirme Patrick. Et d’ajouter « Lorsque l’USG jouait contre le Daring, les supporters descendaient du parc du jusqu’à la limite de Molenbeek avec un cercueil. C’était animé mais bon enfant. En plus, l’USG gagnait souvent le derby. » Patrick l’avouera à voix basse, mais la série de soixante matchs sans défaites de l’Union a été stoppée par… le Daring. Les années passantes, le football s’est professionnalisé et les deux clubs sont, depuis, tombés pour l’USG une division en dessous. La situation est pire pour le Daring. Il se trouve dans les abîmes du football amateur, en quatrième provinciale du Brabant.

« Rendez-nous le stade du Parc Duden »

Le Heysel, une enceinte trop grande pour l’USG. Crédit photo : Pierre-Alix

Ce vendredi 28 septembre, l’USG reçoit le Cercle Bruges au Stade Baudouin du roi, communément appelé Heysel. Un lieu tristement célèbre, puisque à l’occasion de la finale de la ligue des champions en 1985 entre la Juventus de Turin et Liverpool 39 personnes décédèrent. L’USG doit jouer toute la saison dans un stade de 40 000 places alors qu’ils ne sont que 2000 spectateurs à chaque match. « C’est nul de jouer ici » s’exclame Sébastien, supporter de l’USG. Notre stade au Parc Duden est peut être vieux, pas aux normes mais il a une âme ». Conçu en 1922 par l’architecte Albert Callewaert (1888-1957), la tribune est surtout remarquable pour sa façade de style « Art Déco ». La façade est considérée monument historique et bénéficie à ce titre d’une protection contre la destruction. « Dès fois, je regrette presque l’époque où l’on évoluait en division amateur. Au moins, on pouvait jouer dans notre stade » raconte, amer, Sébastien. Une situation qui n’est pas sans rappeler celle du Red Star en France. Pensionnaire de ligue 2 les deux saisons précédentes, le club de St Ouen a évolué à Beauvais puis au stade Jean Bouin, à Paris l’année dernière. Aujourd’hui en national –troisième division-, l’Etoile Rouge évolue de nouveau dans son stade historique, Bauer.

La fête malgré tout

Ce vendredi 28 septembre, les supporters de l’Union étaient encore 2000 à encourager leur équipe. Une ambiance « bon enfant », aux antipodes de ce que certains groupes de « supporters » montrent parfois. D’autant qu’en face, « le Cercles Bruges est un club ami. Au match retour, le car s’arrêtera dans le bar des supporters du Cercles. On se boira quelques bières et on ira au match ensemble » raconte Sébastien. Si l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, assister au match de l’Union est à consommer sans modération.

Les supporters de l’USG n’ont rien lâché pendant 90 minutes. crédit photo : Pierre-Alix

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