Le peuple Mi'kmaq est un peuple autochtone issu des "Premières Nations". Ils habitent principalement dans les provinces de l'Atlantique et en Gaspésie.

Canada: La difficile intégration des peuples autochtones

Les peuples autochtones sont les premiers peuples installés sur le territoire canadien. Parmi eux se trouvent trois groupes distincts : les Premières Nations, les Inuit et les Métis. Mais ces peuples n’arrivent toujours pas à trouver leur place au sein de la société canadienne aujourd’hui. Pour comprendre leur histoire, il faut remonter au XXe siècle, période où les autochtones entretenaient une relation complexe avec le gouvernement canadien et l’Eglise anglicane canadienne. Aujourd’hui, les peuples autochtones sont principalement victimes de profilage racial, de violence, de stigmatisation, et de pauvreté.

Qui sont les Peuples Autochtones ?

Les Premières Nations sont les premiers indiens établis au Canada depuis des milliers d’années, d’où leur nom de « Premières Nations ». Ce peuple vit principalement à Ontario et en Colombie-Britannique. Il s’organise en bandes, c’est-à-dire des groupes dont les terres et les fonds sont gérés par la Couronne. A la tête d’une bande se trouve un chef élu qui garde sa place durant un mandat de deux ou trois ans. La loi sur les Indiens est la loi principale qui permet aux Premières Nations d’avoir un statut reconnu d’Indiens. Cette loi leur confère des droits, dont la possibilité de vivre dans des réserves. Les conseils permettent au sein des bandes de gérer la Première Nation. La musique (le tambour étant l’instrument phare de ce peuple) et les arts sont très importants chez les Premières Nations. Pour eux, la musique détient un pouvoir de guérison et d’unité.

                                                   Danseurs dans une fête pow-wow intertribale.

Les Métis sont quant à eux les personnes issues d’un métissage d’origine amérindienne ou européennes. Ils se réclament des peuples autochtones par l’histoire et la culture de leurs ancêtres. Ils sont apparus à la Traite de la fourrure au XVIIe siècle. Ils ont une culture forte, notamment avec une poésie et une littérature engagée, qui raconte les histoires des peuples autochtones. De plus, ils sont fortement positionnés contre le racisme anti-autochtone et la colonisation.

Enfin, les Inuits sont un peuple autochtone du Nord du Canada. Ils parlent principalement le inuktikut, et vivent dans le Nunavut (signifiant ‘Notre Terre’ en inuktikut). A partir de 1998, le gouvernement canadien reconnaît ce territoire. Dans leur culture, les arts du spectacle prédominent : récit, chant de gorge, danse du tambour. Les arts visuels sont tout aussi important chez eux. Ils représentent principalement les animaux, les paysages de leurs territoires et leur quotidien.

                                                     

Une histoire empreinte de racisme et de souffrance

Les peuples autochtones ont vécu sous le système des pensionnats, qui a duré de 1883 jusqu’aux années 1990. Les pensionnats avaient pour but d’isoler les enfants de leur foyer. Les parents n’avaient pas leur mot à dire. Le but recherché du gouvernement et d’Eglises de diverses confessions était la pleine assimilation de la culture canadienne par les enfants autochtones. Les enfants ne pouvaient pas parler leur langue, ni pratiquer leurs coutumes. Ce phénomène avait pour but de « tuer l’indien au sein de l’enfant ». Pour beaucoup, un « génocide culturel » s’est produit. Au sein de ces pensionnats, les enfants étaient confrontés à une grande souffrance psychologique. En effet, ils ont vécus des abus physiques, émotionnels et sexuels.

Dans les années 1950, le gouvernement remarque que l’assimilation ne fonctionne pas. En effet, la culture autochtone continue de perdurer malgré tout. Au final, ce sont les autochtones qui reprennent le contrôle de ces pensionnats, qui étaient dans un piteux état.

Une décennie plus tard, la rafle des années 1960 est fatale. Effectivement, durant cette période, des enfants autochtones se font adoptés de force par des familles non autochtones, tout cela dans le but d’oublier leur culture et de délaisser leurs racines autochtones.

Le 11 juin 2008 est une date importante dans l’histoire des peuples autochtones. En effet, des excuses sont faites envers ces peuples par le gouvernement canadien et l’Eglise anglicane canadienne. En 2017, l’entrée en vigueur d’un accord de principe permet de compenser les membres des Premières Nations qui ont été adoptées de 1951 à 1991. Malgré tous ces derniers événements, le passé stigmatisant demeure au sein des peuples autochtones qui peinent à trouver leur place dans la société canadienne.

                           

Une insertion difficile des Peuples Autochtones au sein de la société

Des situations familiales complexes

Leur histoire a laissé des traces douloureuses chez les peuples autochtones. En effet, cette communauté fait face à un cycle de violence perpétuel et à un traumatisme profond. Elle connait des histoires récurrentes de violences notamment conjugales, de toxicomanie et de suicide. Selon l’ONU, les peuples autochtones comptent pour environ 19 % des détenus fédéraux, alors qu’ils représentent seulement que 3 % de la population nationale.

Les familles dysfonctionnelles sont prédominantes au sein de cette communauté, à cause de l’expérience des pensionnats ou de l’adoption forcée. Au vu de ce passé difficile, les autochtones adultes peinent à bien éduquer un enfant. Cela a provoqué un important placement des enfants autochtones au sein des services sociaux et organismes de protection de la jeunesse. En janvier 2020, l’Acte respecting First Nations, Inuit and Metis children, youth and families est entré en vigueur afin d’encadrer les familles et les enfants autochtones. De plus, la pauvreté au sein de cette communauté pousse les travailleurs sociaux à proposer aux autochtones d’adopter leurs enfants. Ils deviennent alors des pupilles permanentes de l’Etat. Cela est inquiétant car l’histoire se répète, et poursuit simplement différemment la rafle des années 1960.

Une inaction de la part du gouvernement face au racisme systémique

Selon une étude de la police de Montréal, les Noirs et les Autochtones sont les plus touchés par le délit de faciès à Montréal, cinq fois plus que la moyenne. De plus, les femmes indigènes sont onze fois plus arrêtées dans la rue que les femmes blanches. La police a tué de nombreux autochtones ces dernières années.

Malgré la loi sur les Indiens, leurs territoires ne sont pas respectés et sont envahis. Début octobre, le discours poignant d’un jeune autochtone a suscité l’émotion. Il exprimait la tristesse de voir une route construite sur une terre volée à sa famille. Il a fini par couper ses tresses, et les a jetées sur la route (couper ses tresses est le signe d’une profonde tristesse associée au deuil chez les autochtones).

De plus, les disparitions et les meurtres inexpliqués des femmes autochtones inquiètent la communauté. Le gouvernement d’Alberta déclare que les femmes autochtones disparaissent douze fois plus que les autres femmes canadiennes. Selon Statistique Canada, entre 2001 et 2015, le taux d’homicide était six fois plus élevé envers les femmes autochtones. Leur statut de femme couplé à leur statut d’autochtone les rend davantage vulnérable. La hausse du trafic d’êtres humains au Canada peut expliquer ces disparitions alarmantes.

Ce peuple subit également du racisme systémique au sein du corps médical. La mort filmée de Joyce Echaquan, une femme autochtone de 37 ans, a provoqué l’émoi au Canada. Cela a aussi réveillé le débat sur le racisme contre les peuples autochtones qui ne cesse de persister.

Conclusion

Les peuples autochtones subissent depuis longtemps le rejet, l’ostracisation et un racisme systémique. Le traitement de ces populations par les institutions fait perdurer ces problèmes.

Afin de favoriser le dialogue sur les traumatismes vécus par les peuples autochtones, les « Commissions de vérité et de réconciliation relative aux pensionnats autochtones » ont été créés. Cependant, à cause du traitement que les institutions vouent à ces peuples, le chemin sera long avant que les blessures ne cicatrisent.

Chef Wilton Littlechild, un chef de la nation Cri, un des peuples autochtones canadien. Le chef Wilton Littlechild, était présent à la Journée internationale des peuples autochtones du monde et du dixième anniversaire de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA), sous le thème «Une décennie en revue : Réaliser les droits des peuples autochtones ».

Source Photos : @ShawnHarquail – Flickr ; @AliEminov – Flickr ; @UnitedNationsPhoto – Flickr

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