Élections de Montréal : un « vent de renouveau »

Le 5 novembre 2017, des élections municipales ont eu lieu à Montréal. Alors que la ville était sous mandat libéral, dirigée par Denis Coderre depuis 2013, la courte victoire de Projet Montréal avec 51,42% des voix fut une réelle surprise. Sa candidate, Valérie Plante est devenue par là même, la première femme élue à la tête de la métropole. Avec elle, dix-huit maires d’arrondissement, quarante-six conseillers de la ville et trente-huit conseillers d’arrondissement complètent l’élection.

Un des pans de son programme est la valorisation des cultures et des arts. Cela s’inscrit dans son parcours personnel antérieur puisque Valérie Plante a obtenu un certificat en intervention en milieu multiethnique après avoir suivi des études d’anthropologie. Elle a ensuite eu une maîtrise en muséologie. L’élue est proche des milieux communautaires, syndicaux et s’est toujours engagée contre l’inégalité sociale, en aidant sur le terrain des femmes issues de l’immigration par exemple.

D’avantage de transports publics

Les vainqueurs de l’élection se distinguent avec un programme écologique, social et inclusif. « Favoriser l’agriculture urbaine et l’offre alimentaire saine et durable », « protéger et mettre en valeur les sources d’eau potable » ou encore « valoriser les déchets et favoriser l’enfouissement » font partie des promesses du programme de Valérie Plante. Elle a insisté durant sa campagne sur la consolidation et l’amélioration des transports collectifs. Par exemple, un de ses objectifs est d’imposer une tarification sociale sur les transports en commun afin que les personnes aux plus faibles revenus puissent bénéficier plus aisément des services de la ville.

Une volonté d’égalité entre individus

Mme Plante compte également rendre hommage aux « femmes et personnes des communautés culturelles qui ont grandement contribué à la ville de Montréal ». Ainsi, les stations de la future ligne de métro dite « ligne rose », portera les noms de ces personnes qui ont fait Montréal. Si la mesure peu paraître symbolique, elle s’inscrit pleinement dans le souhait de valoriser la diversité de la ville et l’égalité hommes-femmes. Des points du programme défendent une lutte contre « le harcèlement de rue envers les femmes et les personnes de la diversité sexuelle et de genre ». L’intention de veiller à rendre la métropole plus inclusive pour les personnes LGBTQ est présente.

Faire de Montréal une ville agréable à vivre

L’écologie est un pilier du programme de Mme Plante. Il est prévu l’extension des pistes cyclables et l’extension des transports collectifs (voir plus haut). La nouvelle mairesse souhaite également créer 12 000 logements sociaux sur quatre ans. Projet Montréal a aussi édicté diverses mesures sécuritaires. Parmi elles, on peut lire : « Améliorer la transparence et la responsabilisation du service de police » et « développer une culture policière plus respectueuse des droits des citoyens ». Concrètement, il s’agit d’offrir une formation plus complète aux forces de l’ordre, notamment concernant les règles de tir, mais aussi bannir l’usage des balles de plastique, le déploiement d’un nombre disproportionné de policiers lors des rassemblements et lutter contre « le profilage racial et social ».
Un programme de tolérance, d’égalité, écologique. On est loin de ce que se passe chez le voisin étasunien et dans une moindre mesure, en Europe.

Plus d’élues que d’élus

Pour la première fois, la ville compte plus de femmes élues que d’hommes élus. Cela est d’autant plus novateur qu’elles sont davantage qu’auparavant à occuper des postes élevées comme mairesses d’arrondissement. Huit femmes sont élues à ce poste sur un total de dix-neuf arrondissements. Lachine, arrondissement gagné par Projet Montréal, a une équipe composée d’un seul homme. Il fait néanmoins partie d’une minorité visible. Or, la diversité semble être moins présente que la féminisation lors de ces élections.

La première élue autochtone

Marie-Josée Parent a été élue au conseil municipal Montréalais sous la bannière libérale. Elle fait partie des sept élus seulement appartenant à la diversité. Cela est néanmoins une avancée car elle est la première élue autochtone du Canada. D’origine micmaque et acadienne, elle a travaillé à promouvoir et reconstruire les cultures des premières nations. Dans une interview donnée à Radio Canada, elle dit vouloir se concentrer sur « tout ce qui est autochtone », en donnant la parole aux communautés et en valorisant l’art autochtone.

Une vague plus large de renouveau

Le Conseil du statut de la femme du Québec parle d’un « vent de renouveau » au Québec dans son communiqué. Montréal n’est pas la seule ville à avoir reçu des résultats positifs en termes de féminisation des instances politiques. Selon le gouvernement québécois, 205 femmes ont été élues mairesses lors des élections municipales au Québec cette année. Et de nombreuses femmes occupent des postes de conseillères municipales. À Très-Saint-Rédempteur, un petit village québécois, Julie Lemieux a été élue mairesse. Il s’agit non seulement de la première femme à occuper ce poste mais aussi de la première élue transgenre au Canada.

 

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