La théorie quantique comme explication de la conscience

La Physique quantique est un ensemble de théories du XXe siècle qui permettent de comprendre le fonctionnement des particules et atomes mais aussi du rayonnement électromagnétique. Elle s’oppose à la physique dite “classique”. Ce domaine fascine encore, et pose de nombreuses questions notamment sur son rapport avec le vivant. La conscience, quant à elle, est invisible. Certains disent qu’il y a plusieurs types de conscience : la conscience analytique cérébrale de Charbonier ou aussi appelée la conscience ascendante de Chambon reliée au corporel. Mais aussi la conscience intuitive extraneuronale de Charbonier ou la conscience descendante de Chambon qui serait d’une autre nature que les deux premières. Des études tentent notamment de démontrer que la conscience et la théorie quantique sont étroitement liées. Comment la mécanique quantique peut-elle expliquer le phénomène de la conscience ?

La théorie quantique et la théorie de la relativité : brèves explications

La physique moderne est fondée sur les bases de la théorie de la relativité et de la théorie quantique. Ces deux théories sont distinctes. En effet, au sein de la théorie de la relativité, il existe une seule grandeur concernant le temps et l’espace, c’est-à-dire, l’espace-temps. De plus, l’énergie et la matière sont deux entités différenciées. Alors qu’au sein de la mécanique quantique, l’espace et le temps sont distincts mais la matière et l’énergie constituent une seule mesure. La théorie quantique touche plusieurs domaines comme celui du nucléaire ou de la technologie.

La mécanique quantique s’intéresse à « l’infiniment petit » composé des particules élémentaires, et la relativité générale à « l’infiniment grand » pour étudier les structures de l’univers et du Big Bang mais aussi de la Cosmologie quantique. De plus, la mécanique quantique ne traite pas de la gravité, mais des interactions entre des particules au niveau microscopique. A contrario, la théorie de la relativité repose sur la force gravitationnelle qui impacte un tout.

Comme le rappelle Bernard Guy, dans « Relier la mécanique quantique et la relativité générale ? Réflexions et propositions », l’un des questionnements les plus importants de notre siècle est : Comment réussir à réunir les théories de la relativité et de la mécanique quantique ?

“Nous avons deux théories formidables qui disent des choses différentes sur le monde. Elles ne peuvent pas être vraies toutes les deux : elles doivent se faire de l’espace l’une l’autre”, résume Carlo Rovelli, théoricien à l’université Aix-Marseille, qui réfléchit à ce problème depuis de nombreuses années. “La motivation principale des physiciens, non controversée, est que nous manquons d’une description complète des phénomènes qui impliquent à la fois des systèmes quantiques et une forte gravité”, détaille Daniele Oriti, directeur de l’équipe Heisenberg au Centre Arnold Sommerfeld, à Munich. Il faut donc concilier ces deux théories qui apportent encore bon nombre de questions de nos jours.

La théorie quantique est une explication du comportement de la matière, de la nature et de l’énergie atomique mais aussi subatomique. Elle permet de mettre en lumière les phénomènes en jeu. Elle est donc « la théorie fondamentale des particules de matières constituant les objets de l’univers et des champs de force animant ces objets ». Les lois de la mécanique quantique permettent de comprendre « pourquoi les atomes et les molécules sont stables, peuvent émettre et absorber de la lumière, mais aussi se combiner dans les réactions chimiques ». Ces quantités de matière et d’énergies prennent des valeurs dites « quanta » ou discrètes.

C’est notamment la constante de Planck (h = 6, 62.10-34kg.m2 .s-1), constante fondamentale de la physique quantique, qui permet de dire, sans pour autant être précis, si la physique classique ou quantique s’applique. Si la valeur est supérieure à h, c’est la physique classique que l’on applique. Inversement, si la valeur est inférieure ou de l’ordre de h, c’est la physique quantique que l’on applique.

Les bases de la théorie quantique comme point de départ pour la conscience quantique

La théorie quantique a connu un développement au fil du temps. En effet, c’est en 1900 que Planck découvre que l’énergie est composée d’unités individuelles. En 1905, Albert Einstein découvre que le rayonnement est aussi quantifié. En 1924, Louis de Broglie découvre le principe de dualité onde-corpuscule. Selon lui, l’énergie et la matière aux niveaux subatomique et atomique possèdent à la fois des propriétés d’ondes et de corpuscules. Puis, en 1927, Heisenberg affirme qu’il serait impossible de mesurer en même temps le mouvement et la position d’une particule subatomique. Il est donc seulement possible de calculer des probabilités sur la trajectoire de cette particule. Pour autant, les particules jumelles, quant à elles, sont indissociables et sont donc dans un état quantique appelé l’intrication quantique. C’est-à-dire que les objets peuvent être spatialement séparés mais indissociables en l’espèce puisqu’ils forment un système unique.

Il existe plusieurs approches interprétatives de la mécanique quantique. L’approche la plus connue est celle de l’école de Copenhague. Selon elle, la mécanique quantique serait un simple instrument de prédiction, et « pour qui la prise en compte de ses implications comme telles n’a pas de sens ». Autrement dit, il faut s’en tenir à des faits observables sans pour autant avancer des hypothèses comme le disait Newton.

La mécanique quantique est donc en opposition à la physique dite classique du fait que les atomes et les photons ou bien les électrons sont à la fois un corpuscule et une onde. Ce principe d’onde-corpuscule, mis en lumière par Louis de Broglie, peut se retrouver dans une « superposition d’états qui est une sorte de potentialité de tous ses états possibles ».

Théorie quantique, conscience et perception face à la science et la spiritualité

La théorie quantique et les découvertes scientifiques qui l’entourent amènent à des changements de perceptions, de conscience sur le fonctionnement de l’univers et de la vie. Certains en ont fait un lien avec la philosophie spirituelle comme le bouddhisme ou l’hindouisme. La vision occidentale est celle d’une séparation de la science et de la spiritualité. Alain Boudet, docteur en Sciences Physiques, rappelle que les théories physiques qui prônent un déterminisme du monde ne sont que des interprétations des phénomènes nous entourant et des mentalités dont elles sont extraites. Ces théories sont empruntes de controverses. Notre conscience évolue à chaque découverte des sciences et des théories. Niels Bohr, un des grands penseurs de la mécanique quantique a été un des premiers à dire que la conscience humaine pouvait se former grâce à la théorie quantique.

Il existe des approches différentes pour expliquer la relation entre le cerveau et la conscience. En effet, il existe des approches dualistes et monistes. L’approche quantique fondée « sur le monisme neutre nous introduit à une nouvelle façon de penser » la relation entre la conscience et les processus neuronaux. Les approches dualistes, à contrario des approches monistes, ne pensent pas que le cerveau et la conscience sont deux entités complémentaires, ni ne se contraignent mutuellement.

Corrélation entre théorie quantique et conscience

La conscience quantique ou l’esprit quantique est une hypothèse selon laquelle les phénomènes quantiques seraient impliqués dans l’apparition de la conscience. La matière et la conscience ne peuvent être dissociées selon certains théoriciens. Cette hypothèse est liée à l’intrication et la superposition des états. Elle essaye de faire comprendre comment se forme la conscience, notion abstraite et subjective, de façon scientifique. « Elle présume que la conscience émerge d’un calcul neuronal complexe et qu’elle aurait surgi au cours de l’évolution biologique en tant qu’adaptation de systèmes vivants, extrinsèques à la composition de l’univers ». Les éléments de l’univers seraient alors tous quantifiables et se superposeraient tous.

L’illustration la plus répandue autour de la conscience quantique est celle d’un ordinateur quantique comme cerveau de l’humain. Les réalités observables sont représentées quant à elles par des holographes, et les informations stockées au sein du cerveau prennent la forme d’hologrammes.

La théorie de la conscience quantique s’explique par « l’expérience de Young » ou « l’expérience des doubles fentes ».  Par une expérience, Young a voulu confirmer les pensées de Huygens. En effet, il a voulu prouver la nature ondulatoire de la lumière par un signal d’interférence de deux ondes. Son expérience est basée sur la diffraction de la lumière. Celle-ci a été réalisée avec de la matière et a permis d’illustrer le principe d’onde-particule. Les particules de l’infiniment petit n’ont pas le même comportement que des objets solides. Ces « ondes de probabilités » se modifient même lors de la présence d’un observateur.

En effet, au cours de chaque observation, la matière quantique se modifie. A chaque observation ou interaction, il y a la présence d’une valeur d’énergie. Cette opération de mesure de la cassure de la dynamique quantique se nomme la réduction du paquet d’ondes. Chaque mesure d’une particule casse la fonction d’onde de celle-ci ce qui la supprime et peut en créer une nouvelle. « La particule, qui est à la fois onde et corpuscule, est décrite alors par l’équation de Schrödinger qui comprend différents états et différentes ondes, en superposition, sans qu’on puisse trancher sur « quel est l’état de la particule » mais seulement sur « quelle est la probabilité d’un tel état ».  Par exemple, comme le dit Mathieu Vénisse, nous avons conscience de l’existence du temps. Il y a une observation associée à une holographie de la réalité donc une superposition du mouvement et du temps. Pour autant, nous n’avons pas conscience que cela se passe au présent.

Il est donc impossible de percevoir une réalité telle qu’elle est réellement. Ce postulat vaudrait aussi pour le cerveau et donc la conscience quantique. Eugène Wigner a défendu dans les années 1960, le rôle de la conscience dans le processus de la mesure. Pour lui, l’esprit a une forme d’emprise sur la matière : « La conscience est irréductible à des processus physiques ». Penrose défend quant à lui l’idée que c’est la réduction de paquet d’onde qui impacte la conscience.

Penrose et Hameroff sont les scientifiques qui ont le plus soutenu la théorie de la conscience quantique. La condensation de Fröhlich serait selon eux présente au sein des neurones et plus précisément dans les microtubules. C’est leur structure en spirale qui fournirait les conditions pour générer des effondrements quantiques. Cependant, des chercheurs australiens ont déterminé que la température de formation d’un condensat de Fröhlich à 100 millions de Kelvin. Cette température ne peut être présente au sein du cerveau.

La théorie de la conscience quantique expliquée par Emmanuel Ransford

Selon Emmanuel Ransford, « il se pourrait que le monde de l’atome et de l’électron soit imprégné d’une dimension psychique capable d’interférer avec la matière tangible ». Le monde quantique serait donc imprégné d’une dimension psychique qui interférerait avec cette matière tangible. Pour comprendre sa théorie, il faut sortir de la dimension purement matérialiste. Selon lui, cette interférence laisserait une trace appelé « le quasi-invisible » qui permettrait à la science de la détecter. Par exemple, la matière noire et l’énergie noire sont des quasi-invisibles. Pour lui, c’est grâce à l’endocausalité que l’on peut faire la distinction entre la dimension psychique et la dimension matérielle. Dans chaque dimension psychique, il y aurait un pouvoir décisionnel donc les particules seraient habitées d’un pouvoir décisionnel. Tandis que la partie matérielle serait habitée par un déterminisme, c’est-à-dire l’exo-causalité. La partie immatérielle échappe aux lois qui régissent la matière. Donc le cadre de l’espace-temps (la loi de la relativité d’Einstein) de la matière ne s’applique pas à elle. La partie endocausale ignore alors les distances.

L’holoparticule aurait une partie endocausale et une partie exocausale. Le psychisme (partie immatérielle) agirait à l’intérieur même des lois quantiques, puisqu’il serait fait d’holomatière. La dimension endo-causale occasionne un saut quantique et l’intrication (non-localité). Il y a donc une corrélation au sein même de l’holoparticule qui ne serait pas régit par l’espace-temps et qui pourrait prendre une décision grâce à sa partie endocausale (psychisme). D’où l’importance de cette dualité au sein de l’holomatière. La conscience quantique selon Emmanuel Ransford serait fondée sur la non-localité de la particule et par le saut quantique. Le cerveau emboiterait les particules de psychisme et la matière pour créer l’esprit grâce au saut quantique. De plus, les particules pourraient se coller les unes aux autres pour devenir une structure c’est-dire une information suprale.

L’affirmation de la logique quantique au sein du raisonnement

Fin 2020, il a été prouvé que notre pensée suit les lois quantiques. Le modèle de raisonnement jusqu’alors connu doit être repensé. Lors du processus de réflexion sur un choix à faire, il n’y a pas qu’une opinion sur une question mais une opinion sur plusieurs réflexions à la fois. On appelle cela la « superposition d’états ».  Le principe de superposition est fondé sur l’idée qu’un état quantique peut posséder plusieurs valeurs pour une certaine quantité observable. En effet, une partie des systèmes quantiques comme les atomes ou les spins peuvent posséder deux états en même temps. C’est l’expérience de pensée de Schrödinger appelée « chat de Schrödinger » qui les met en lumière.

L’opposition à la théorie de la pensée quantique

Beaucoup de théoriciens réfutent cependant la théorie de la conscience quantique. Pour eux, la conscience n’est pas en corrélation avec la théorie quantique. La conscience est tout d’abord subjective et insaisissable. Nous ne pouvons pas la matérialiser et donc comprendre réellement son fonctionnement. De plus, limiter le cerveau à un ordinateur, revient à limiter le cerveau humain à des théorèmes mathématiques et des algorithmes, et donc réduit la conscience à ce fait. Au sein même des théoriciens défendant la conscience, il existe des oppositions. Certains défendent l’idée que la conscience serait matérielle, d’autres que la conscience serait immatérielle. En effet, Goswami affirme l’idée que la conscience produit une réalité matérielle.

En conclusion, les avis divergent entre les physiciens et neurophysiologistes sur la réalité de la conscience quantique. Même s’il semble clair que nous pouvons influencer la conscience par notamment la Programmation Neurolinguistique, il reste cependant des questions en suspend concernant la possibilité d’une conscience quantique. La question essentielle reste selon moi : Comment détacher la conscience du fait et du contexte vécu par la seule personne qui le vit de façon subjective ?

 

Source images : Geralt sur Pixabay

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