Les enjeux d’un G20 préoccupé par la guerre commerciale sino-américaine

Du 30 novembre au 1er décembre 2018, les vingts premières puissances industrielles mondiales doivent se réunir à Buenos Aires en Argentine pour tenter de présenter un communiqué commun. Alors que les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis d’Amérique seront très certainement au centre des discussions, d’autres sujets prendront toute leur importance lors de cette rencontre annuelle.

Au cœur des enjeux de ce G20, les espoirs des investisseurs sur une éventuelle sortie de l’impasse commerciale dans laquelle se trouvent les États-Unis et la Chine et qui plombe les marchés financiers mondiaux. Pour The Financial Times, les investisseurs, nerveux, attendraient avec impatience une résolution qui mettrait un terme à la guerre commerciale que se livrent les deux géants économiques depuis cet été.

Le quotidien économique britannique rappelle que les États-Unis ont annoncé cette année trois séries de droits de douane sur la Chine, représentant des prélèvements sur des marchandises d’une valeur d’environ 250 milliards de dollars, tandis que la Chine a riposté avec des droits de douane sur 50 milliards de dollars de produits américains et prévoit 60 milliards de dollars supplémentaires.

Une résolution complète considérée improbable

Organisé annuellement, le sommet des chefs d’États et de gouvernement du G20 est l’occasion pour les présidents américain et chinois de « briser une spirale négative des marchés financiers » à en croire Andrew Milligan, responsable de la stratégie mondiale chez Aberdeen Standart Investment. « Bien qu’un accord complet ou une résolution complète soit considéré comme plutôt improbable sur toutes les questions – commerce, technologie, propriété intellectuelle, sécurité… même un cessez-le-feu temporaire – un accord pour continuer à parler et régler certaines des questions les plus faciles aiderait à calmer les nerfs du marché » estime le spécialiste, dont les propos sont rapportés par le quotidien économique de référence en Europe.

Pour autant, l’optimisme quant à la possibilité de parvenir à une résolution lors de la réunion du G20 est à relativiser, souligne The Financial Times qui rappelle que le récent sommet sur la Coopération économique Asie-Pacifique a été marqué, pour la première fois de son histoire, par l’absence d’un communiqué commun. La réunion a été ponctuée par les attaques réciproques entre le président chinois Xi Jinping et le vice-président des États-Unis, Mike Pence, à propos du commerce et de la sécurité.

Le Canada dans l’attente d’une réponse

Dans la même veine, le Canada par la voix de son Premier ministre souhaite que l’administration américaine retire les tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium canadien d’ici le sommet du G20. « Ces tarifs sur l’acier et l’aluminium sont dérangeants et causent de l’incertitude pour les travailleurs canadiens et aussi l’industrie aux États-Unis » a affirmé Justin Trudeau lors d’une conférence de presse à Paris, le 11 novembre dernier.

Selon les propos rapportés par Radio Canada, le Premier ministre libéral n’a pas voulu donner plus de détails sur ce que le Canada est prêt à concéder pour que son voisin américain retire les tarifs douaniers. Les deux dirigeants devraient très certainement profiter d’une rencontre bilatérale pour revenir sur leurs échanges commerciaux.

Vers la fin d’un différend territorial ?

L’autre enjeu de ce sommet pour deux autres puissances est territorial. Les dirigeants du Japon et de la Russie ont annoncé qu’une rencontre se tiendrait en marge du sommet du G20 sur la signature d’un éventuel traité de paix. Un conflit territorial oppose encore Tokyo et Moscou à propos des Territoires du Nord qui comptent quatre îles de l’archipel des Kouriles du Sud. Conquis en 1945 par l’Union soviétique, ces territoires sont la raison pour laquelle aucun traité de paix n’a jamais été signé par les deux puissances régionales.

Évoqué la dernière fois lors du Forum économique oriental qui s’est tenu en septembre dernier à Vladivostok en Russie, le président Poutine s’est prononcé en faveur d’un traité de paix sans condition préalable. Mais le Premier ministre nippon ne l’entend de la même oreille, optant pour une accélération « des négociations en vue d’un traité de paix fondé sur la déclaration soviéto-japonaise de 1956 ». Cette déclaration prévoit ainsi la restitution de deux des quatre îles en jeu après la conclusion d’un traité de paix.

Pour le quotidien nippon de centre-gauche, Asashi Shimbum, les dirigeants russes et japonais feront de la question « de la souveraineté de l’archipel des Gumi (Hibumi) et de l’île de Shikotan, où le transfert de responsabilité au Japon a été déclaré par la déclaration commune entre le Japon et l’Union Soviétique », un point central de cette rencontre.

Lors du G20 Finances en juillet dernier, le groupe avait réaffirmé sa crainte que la guerre commerciale entre bandes puissances n’affecte la croissance mondiale et avait appelé au dialogue. En espérant que les principaux concernés aient entendu cet appel.

Photo : 2017 G20 Hamburg summit leaders group photo. From Wikimedia Commons, the free media repository

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