Heure de pointe dans la gare de Waterloo, à Londres. Crédit Jim Linwood.

Londres : bataille politique sur fond de grèves du rail

À l’approche de la nouvelle année, les services ferroviaires londoniens ont été perturbés entre le sud de l’Angleterre et la capitale. Le gouvernement et le maire de Londres se livrent à une lutte politique autour des grèves et des revendications des salariés sur les conditions de travail. Décryptage.

La compagnie ferroviaire privée Southern Railways essuie les critiques depuis des décennies. Mais jamais en vingt ans la Southern n’a suscité autant d’effervescence parmi les quelques 300 000 usagers du chemin de fer. Accumulation des retards, trains bondés… les commuters, ces voyageurs qui transitent entre la banlieue et le centre de Londres pour le travail, dénoncent l’inefficacité du gouvernement dans sa gestion des transports.

Malgré les réactions des usagers de la Southern Railways, la plupart des Londoniens affiche toujours son soutien à la compagnie. Les syndicats redoutent pour leur part des suppressions d’emplois. La Southern Railways a notamment annoncé que les conducteurs vont désormais devoir eux-mêmes s’assurer de la sécurité du train, tâche qui jusqu’alors était garantie par deux employés. Les répercussions sur les chemins de fer métropolitains ne se sont pas faites attendre. Déjà saturé en temps normal, le métro londonien a difficilement supporté la forte affluence de voyageurs. Le réseau a ainsi été paralysé jusqu’aux aéroports voisins.

Querelle partisane

Sadiq Khan a d’emblée apporté son soutien aux grévistes. Le maire de Londres et membre du parti travailliste, s’est notamment montré en faveur d’un dialogue avec les syndicats. Il en a profité pour féliciter son administration dans sa gestion des transports. « Les commuters bénéficient d’un meilleur service lorsque nous nous impliquons », glisse-t-il dans un communiqué. Il juge le gouvernement responsable de la crise, l’accusant d’avoir « renoncé à ses responsabilités ». De son côté, la Première ministre Theresa May a ardemment défendu les actions du gouvernement. Elle a recommandé de mettre un terme à la grève. La majorité des Tories s’est unie autour du ministre des Transports Chris Grayling lorsqu’il qualifiait la grève « d’absurdité manifeste ».

Cette querelle partisane entre conservateurs et travaillistes s’est poursuivie jusqu’au Parlement. Theresa May a dénoncé la complicité entre Jeremy Corbyn et le patron du syndicat ASLEF, en charge de la défense des salariés du rail. Elle a reproché l’aide financière qu’apporte le syndicat au parti travailliste. Elle a même suggéré au leader de l’opposition de faire pression sur ASLEF pour « annuler la grève immédiatement ». Des échanges impulsifs se sont succédé, laissant place à un spectacle drolatique à défaut d’un débat fructueux.

Photo de bannière : heure de pointe dans la gare de Waterloo, à Londres. Crédit Jim Linwood (Flickr).

Vous aimerez aussi