Malte: Le sort des migrants en période de pandémie

Malte est accusée de refouler des migrants. Une action illégale que les ONG dénoncent. Une centaine de personnes sont encore en quarantaine au bord des côtes du pays, sans autorisation de débarquer. Malte appelle à la solidarité européenne pour aider dans ces temps compliqués.

Alarm Phone, ONG qui compile les appels téléphoniques de personnes en détresse dans la mer, a récemment publié une vidéo polémique. Dans la publication on aperçoit la marine maltaise intimidant une embarcation. Probablement pour les dissuader de poursuivre leur route vers le pays. Selon des témoignages des rescapés, les militaires maltais ont pointé leurs armes vers eux et ont réalisé des manœuvres dangereuses près du bateau. Ensuite, ils ont aidé les passagers. Au lieu de les emmener à Malte, ils leur ont fournit un nouveau moteur pour qu’ils arrivent en Italie.

Un cruel comportement dénoncé par Alarm Phone. Du à la crise sanitaire, aucun bateau humanitaire ne navigue sur les eaux méditerranéennes. Cette absence d’aide inquiète les ONG. Comme Vincent Cochelet, représentant du Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) explique lors d’une interview pour le journal InfoMigrants. “Si les États européens ne veulent pas assumer la responsabilité de sauvetage en mer, qu’ils laissent la place aux acteurs de la société civile. Est-ce que si un bâtiment est en flammes en Europe, on imaginerait ne pas appeler les pompiers? C’est la même chose en mer.”

À Malte, 160 migrants sont toujours en quarantaine dans un bateau malgré avoir passé le délai obligatoire. Le pays refuse de les débarquer sans avoir conclu préalablement un accord avec les autres États européens. Un accord compliqué, voire impossible, selon Vincent Cochelet : “Malte veut en fait une redistribution européenne de ces migrants mais c’est impossible dans le contexte actuel, avec notamment la fermeture des nombreuses frontières en Europe en raison de la crise sanitaire. C’est tout simplement irréaliste.”

L’Europe utilise l’excuse du Covid-19 pour ne pas venir en aide aux migrants?

Faute de la situation actuelle, une partie des frontières sont fermées. Un empêchement supplémentaire pour les migrants d’avoir accès à des soins et une vie meilleure. Malte, l’Italie et l’Espagne sont en première ligne d’arrivée des migrants. Bien qu’ils offrent une grande aide au sauvetage et accès au pays, une distribution entre les différents États est nécessaire. Notamment pour Malte, un petit territoire, dont sa capacité de population est très vite limitée. Mais ce n’est pas une excuse pour ne pas venir en aide comme Vincent Cochelet le fait savoir. “Nous comprenons que Malte est un petit territoire avec une petite population. (…) Mais, le sauvetage en mer répond à des principes élémentaires d’humanité. Les personnes secourues doivent être débarquées sur la terre ferme.”

Malte est en détresse face à la rapide augmentation d’arrivée de migrants. Spécialement d’origine libanaise, le pays a vu un accroissement de 400% en 2020. En 2019, des 3.405 personnes débarquées à Malte, seulement 8% d’entre elles se sont déplacées vers d’autres états.

En vue des circonstances actuelles un acte de solidarité des autres États européens est nécessaire. Les ONG demandent un accord pour donner des meilleurs conditions d’accueil et de sauvetage à ces personnes. Malgré l’attente de réponse, d’autres Etats en première ligne, comme l’Espagne et l’Italie, continuent d’assurer le sauvetage de mer.

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