Manifestations BLM dans le monde: Reconstruction de l’histoire

28 mai, des manifestations à Minneapolis se répandent dans le monde. Des centaines de manifestations avec un objectif commun: la fin du racisme et des violences. D’ampleur mondiale, le mouvement est aussi soutenu que contesté. Statues et commerces ont été vandalisés, pour but d’effacer l’histoire coloniale et le montrer aux gouvernements. Simples manifestations ou révolution?

Black Lives Matter (les vies noires comptent), est un mouvement né le 13 juillet 2013 dans la communauté afro-américaine. Il lutte contre le racisme et la violence envers les Noirs. Il a récemment prit de l’ampleur suite aux récurrentes violences policières envers la communauté afro-américaine. Le terrible meurtre de George Floyd a été diffusé sur les réseaux, et a éveillé les consciences du monde entier. Cet homme a été tué le 25 mai à Minneapolis aux mains de la police. Les témoins de la scène ont partagé sur leurs comptes le meurtre.

Des milliers de personnes manifestent dans toutes les parties du monde depuis. En effet, depuis le 28 mai, des manifestations se sont organisés dans le monde entier, comme en Espagne, en France, au Royaume-Uni ou aux États-Unis. En pleine pandémie, ces manifestations sont souvent illégales. Elles sont dissipées, plusieurs fois, avec l’emploi de la force.

Le mouvement Black Lives Matter lutte contre les violences policières et le racisme. Des actes symboliques ont été vus dans les réseaux, notamment, la destructions des statues d’anciens colons ou de personnages historiques racistes. Ces actes représentent le début d’une nouvelle ère. Au Royaume-Uni, à Bristol, les manifestants ont arraché du sol la statue d’Edward Colston, marchand d’esclaves du XVIIe siècle. Celui-ci était membre de la Royal African Company, et aurait transporté environ 80.000 hommes, femmes et enfants d’Afrique en Amérique. La statue a ensuite été jetée dans la rivière, et le socle a été utilisé pour annoncer le discours de certains manifestants. Le symbolisme est irréfutable : en l’espace d’une journée la statue qui glorifiait un homme raciste a été détruite pour laisser la voix à la communauté noire.

Cette scène s’est répétée dans d’autres parties du monde. En Belgique, plusieurs statues ont été vandalisées, et une pétition a été lancée pour le retrait de toutes les statues du roi. À Richmond, en Virgine, la statue de Williams Carter Wickham, général américain qui a combattu lors de la guerre de Sécession pour les États confédérés, a aussi été vandalisée. Cette guerre est née de la volonté du Président Abraham Lincoln de mettre un terme à l’esclavage. Très vite une division s’est crée entre les États américains de “l’Union”, abolitionnistes, et les Etats confédérés, dont Carter Wickham faisait parti, esclavagistes. Bien d’autres statues ont été vandalisées. Mais en Virginie, le gouverneur a annoncé le retrait des statues restantes. Ainsi, ce mouvement symbolique veut, après tant d’années, mettre fin au racisme, en retirant la présence de ces colons qui, à ce jour, restent glorifiés par des œuvres d’art.

BLM: Le colonialisme est toujours présent?

Selon le mouvement Black Lives Matter, le colonialisme est présent de nos jours sous des différentes formes. Bien que l’esclavage soit fini depuis plusieurs années, la communauté noire est encore opprimée. Des études montrent que le racisme est toujours présent dans les salles d’audience. La communauté noire aux États-Unis représentait un 13,6% de la population en 2010 selon le Bureau des statistiques américain. Dans la justice, il y a quelques années, les noirs constituaient un 40% de la population carcérale, selon Prison Policy Project. Un Rapport du Registre National des erreurs judiciaires publie que le record des erreurs judiciaires a été atteint en 2013, et continue de croître. Dans ce rapport, les analyses montrent que la population noire a 7 fois plus de risques d’être injustement condamnée qu’une personnes blanche.

Entre autres, les discriminations envers la population noire n’ont toujours pas cessées. Le mouvement Black Lives Matter veut mettre un point final à toutes ces violences et distinctions. La présence des statues d’anciens colons rappelle à la société ce qu’ils ont fait et le terrible sort des milliers de personnes noires.

Le racisme est présent même à la télévision. En direct à Minneapolis, un journaliste de CNN, Omar Jimenez, latino et noir, a été arrêté. “Pourriez-vous dire pourquoi je suis arrêté monsieur?” demande le journaliste pendant que les policiers lui passent les menottes. Josh Campbell un autre correspondant de la même chaîne qui était sur les lieux n’a pas été arrêté. Plus tard, le motif de l’arrestation est révélé. Apparemment la police avait demandé à Omar Jimenez et à Josh Campbell de se déplacer. Pourtant, les deux journalistes n’ont pas été traité de la même manière. Selon Campbell, les policiers lui ont demandé poliment. Sur les images, on peut constater que Jimenez n’a pas eu cette chance.

Geoge Floyd: Symbole du mouvement BLM?

La population noire a subi de nombreuses injustice avant la mort de George Floyd. Le 25 mai, ce dernier a été tué par les policiers de Minneapolis. Le policier faisait pression dans le cou de l’homme, et ne l’a pas laissé respirer. Ce meurtre a été le détonateur des manifestations. Dans des multiples pancartes, on aperçoit son nom ou ses derniers mots : “I can’t breathe” (je ne peux pas respirer).

Les manifestants utilisent des méthodes pacifiques pour dénoncer cette injustice. De multiples symboles ont été utilisés au cours de ces manifestations. Par exemple, des manifestants avec des forces de l’ordre un genou à terre, symbolisant le non-respect du drapeau qui fait, à ce jour, beaucoup de victimes d’injustices. Ou encore, des kilomètres de personnes à terre, les mains dans le dos, représentant la façon dont George Floyd est mort.

Ainsi, la mort de George Floyd a ému le monde entier. Aujourd’hui, la population sort dans les rues pour manifester contre les injustices. Des simples manifestations ou une révolution? Cela se saura avec le temps, mais ce mouvement restera ancré dans l’histoire. Une lutte qui ne devrait pas avoir lieu en 2020, avec un objectif commun, la fin du racisme et des violences.

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